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Calculs rénaux et alimentation

Les coliques néphrétiques sont une des complications de la présence de calculs au niveau des reins. Très douloureuses, elles nécessitent systématiquement une prise en charge médicale pour les soulager et, au long terme, pour éviter les rechutes qui sont assez fréquentes.
Date : 23-02-2010


Pourquoi développe-t-on des calculs urinaires ?

Lorsqu'elles sont en concentration excessive pendant des mois ou des années, certaines substances éliminées dans l'urine (oxalate de calcium, phosphate de calcium, cystine, acide urique, etc.) forment des cristaux dans les reins ou dans la vessie. Ceux-ci peuvent s'agréger et former des petites particules solides, les calculs urinaires ou calculs rénaux, qui bouchent les canaux par lesquels l'urine est évacuée ou s'accumulent dans la vessie. Cette maladie, appelée lithiase urinaire ou urolithiase, touche en moyenne 10 % des hommes et 5 % des femmes.

Lorsqu'ils sont minuscules, les calculs peuvent être éliminés par les voies naturelles et passer inaperçus pendant des années. Ils peuvent parfois entraîner la présence de sang dans les urines.

   

Qu'est-ce qu'une colique néphrétique ?

La manifestation la plus connue de la lithiase urinaire survient lorsque les calculs se bloquent dans les reins. Des douleurs très intenses se propageant du milieu du dos vers l'aine sont alors ressenties, parfois accompagnées de nausée et de vomissements : c'est la colique néphrétique. S'ils ne sont pas pris en charge médicalement, les calculs rénaux peuvent provoquer une infection du rein, voire une insuffisance rénale ou une septicémie.

La lithiase urinaire est une maladie récidivante : chez la moitié des personnes qui ont connu une crise de colique néphrétique, une deuxième crise est observée dans les cinq années suivantes. Cette tendance aux rechutes justifie la mise en place de mesures destinées à les prévenir.

 

Les différents types de calculs urinaires

La nature des substances qui composent les calculs urinaires est variée. On distingue :

  • les calculs d'urate (acide urique, un produit de la dégradation des protéines par le corps) qui représentent 10 % des cas d'urolithiase ;
  • les calculs oxalocalciques (70 % des cas) ;
  • les calculs phosphocalciques (10 à 20 % des cas) ;
  • les calculs cystiniques (1 à 2 % des cas chez les adultes, 10 % des cas chez les enfants), dus à une anomalie génétique ;
  • les calculs phospho-ammoniaco-magnésiens (dits de struvite) (moins de 2 % des cas, essentiellement chez les femmes.
   

Quelles sont les causes des calculs rénaux ?

Les causes sont variées. Il existe souvent une prédisposition familiale à la survenue de lithiase urinaire : les personnes qui ont des taux sanguins d'acide urique élevés (celles qui sont prédisposées aux crises de goutte) ont un risque plus important de connaître ce problème. Chez les personnes qui ont un terrain propice, une hydratation insuffisante et un régime alimentaire riche en protéines et en sel favorise la formation de calculs urinaires. Les personnes qui souffrent d'obésité ou d'hypertension artérielle présentent également un risque plus élevé de lithiase urinaire.

Chez les hommes de plus de 50 ans, l'hyperplasie bénigne de la prostate empêche la vessie de se vider complètement, ce qui pourrait contribuer au développement de calculs dans la vessie. Chez les femmes et chez les personnes équipées d'une sonde vésicale, la présence d'une infection urinaire chronique (faiblement symptomatique) favorise la formation de calculs urinaires phospho-ammoniaco-magnésiens (également appelés calculs de struvite).

Un dérèglement hormonal, dû à un dysfonctionnement des glandes parathyroïdes (qui contrôle le taux de calcium dans le sang), peut également en être la cause.

Certains médicaments peuvent induire la formation de cristaux ou bien cristalliser eux-mêmes lors de leur élimination par les reins. Un abus de médicaments laxatifs (ou une diarrhée chronique), ainsi qu'un excès d'apport de vitamine D (par exemple dans des compléments alimentaires) peuvent également favoriser l'apparition d'urolithiase.

   

Comment diagnostique-t-on les calculs urinaires ?

Les calculs urinaires sont le plus souvent visibles par radiographie ou par échographie. Les symptômes d'une crise de colique néphrétique sont fréquemment assez caractéristiques pour que le médecin instaure un traitement d'emblée. Ensuite, il fait faire des examens complémentaires pour identifier la nature des calculs urinaires : analyse chimique des calculs, prise de sang, examen des urines, etc. Le traitement au long cours destiné à prévenir les rechutes sera adapté à la composition chimique des calculs et aux résultats de la prise de sang.

   

Comment soigne-t-on les crises de colique néphrétique ?

Attention, si vous suspectez un début de colique néphrétique, ne buvez pas de grandes quantités de liquides en espérant chasser le calcul ! L'accumulation d'urine dans le canal bouché ne ferait qu'aggraver la douleur. Vous pouvez éventuellement prendre un médicament antalgique (par exemple, une anti-inflammatoire non stéroïdien), mais consultez votre médecin si la douleur persiste au-delà de quelques heures.

Le premier traitement prescrit par le médecin vise à soulager la douleur des coliques, avec des antalgiques adaptés à l'intensité de la crise. Parfois, il est nécessaire de prescrire des antalgiques opiacés.

Ensuite, selon la composition des calculs, divers traitements sont proposés. Le médecin essaie de favoriser l'élimination du calcul urinaire par les voies naturelles en aidant son élimination soit par effet chimique en modifiant la composition des urines (permettant ainsi aux calculs de se dissoudre), soit par effet physique (lithotritie extra-corporelle) pour les disloquer. La lithotritie repose sur l'usage d'ultrasons pour générer des ondes de choc qui vont désintégrer les calculs. Les fragments ainsi formés peuvent ensuite être éliminés dans les urines. Cette procédure est indolore et ne nécessite habituellement pas d'hospitalisation. Elle est contre-indiquée chez les femmes enceintes, les personnes obèses, celles qui portent un stimulateur cardiaque (pacemaker) ou celles qui prennent des traitements anticoagulants. Après lithotritie, les urines peuvent contenir un peu de sang pendant un ou deux jours. L'élimination des fragments peut également provoquer des douleurs modérées.

Dans les cas difficiles ou ceux où la lithotritie est contre-indiquée, la chirurgie peut être nécessaire pour détruire ou extraire les calculs. Les calculs peuvent être éliminés ou fragmentés en passant par les voies naturelles (urétéroscopie) ou en faisant une petite incision de la peau (néphrolithotomie percutanée, pour les très gros calculs). Une courte hospitalisation est alors nécessaire.

Dans les cas de calculs phospho-ammoniaco-magnésiens liés à une infection urinaire chronique, des antibiotiques adaptés sont prescrits.

   

Comment prévenir les rechutes de lithiase urinaire ?

Chez les personnes sujettes aux coliques néphrétiques, certaines mesures simples permettent de diminuer le risque de connaître une nouvelle crise.

 
  • Buvez au moins deux litres d'eau par jour pour éviter la concentration des urines et éliminer les cristaux avant qu'ils ne deviennent volumineux. Lorsqu'il fait chaud, ou lors d'activité sportive, il est nécessaire de boire davantage, au moins trois litres dans la journée. Idéalement, les urines devraient rester pâles en toute circonstance. Évitez les eaux minérales trop riches en sels minéraux (en particulier en calcium comme Contrex, Hépar ou Vittel). Les eaux minérales riches en bicarbonates (Vichy Célestins, Vichy Saint-Yorre, par exemple) sont à privilégier.
  • Réduisez votre consommation de protéines. Si vous avez tendance à souffrir de calculs oxalocalciques, n'abusez pas des protéines (viandes et produits laitiers). La consommation quotidienne de protéines ne devrait pas dépasser un gramme de protéines par jour et par kilo de poids (par exemple, 70 g par jour pour un homme de 70 kg).
  • Réduisez votre consommation de sel. Les personnes qui souffrent de calculs oxalocalciques devraient essayer de consommer moins de cinq grammes de sel de cuisine par jour.
  • Enrichissez votre alimentation en fruits et légumes de toutes sortes, en particulier ceux riches en potassium qui favorise l'élimination du calcium : banane, pommes de terre, fèves, par exemple.
  • Attention à certains aliments. Les abats, les fruits de mer, les asperges, la rhubarbe, le cresson, l'oseille, les épinards, le fenouil, les fruits rouges, les fruits secs, le persil ou la moutarde en grande quantité, le café soluble, le chocolat, le thé longuement infusé et le vin blanc ont la réputation de favoriser l'apparition de calculs urinaires.

Au-delà de ces mesures diététiques, le médecin peut prescrire des médicaments destinés à prévenir l'apparition de calculs en acidifiant les urines (dans le cas de calculs phosphocalciques) ou au contraire en diminuant leur acidité (médicaments alcalinisants dans le cas de calculs d'urate ou oxalocalciques). Parfois, des diurétiques peuvent également être prescrits (calculs oxalocalciques). D'autres médicaments visent à diminuer la concentration urinaire de calcium (anticalciuriques) ou d'oxalate (antioxaluriques), mais leur efficacité reste un sujet de controverses. Enfin, chez les personnes qui ont tendance à avoir trop d'acide urique dans le sang, un traitement spécifique peut être prescrit (allopurinol).

Les personnes qui souffrent de calculs composés de cystine peuvent bénéficier de traitements spécifiques (anticystinuriques). Elles doivent également boire au moins trois litres d'eau par jour et prendre des médicaments alcalinisants.