L'influence du deuil sur le vieillissement
Plus on vieillit, plus on est confronté à la mort des proches et donc au deuil. Pourtant, le deuil ne concerne pas seulement la perte d'un être cher. Un deuil intense, ou la somme de deuils plus modérés, peuvent accélérer le phénomène de vieillissement psychologique en entraînant un sentiment dépressif dont la personne a du mal à se dégager.
Date : 22-03-2011
Les étapes du deuil
Sous le terme de travail de deuil, on regroupe les étapes psychologiques par lesquelles passe un individu pour se défaire peu à peu des attaches qui le liaient à un état ou à une personne. Il n'est pas toujours évident de se rendre compte que l'on fait le deuil de quelque chose. Connaître ces étapes permet de mettre un nom sur des changements de comportement et d'humeur et d'éclairer ce qui se passe au plus profond de soi.
Ces étapes sont présentes quelle que soit la perte, mais leur intensité varie : perdre son travail est bien sûr sans commune mesure avec perdre son conjoint, mais les mêmes étapes se succèdent néanmoins.
- La sidération : c'est le choc qui suit l'annonce. La personne ne ressent rien, elle est comme frappée de stupeur. Ainsi, lorsqu'on apprend le diagnostic d'une maladie grave, on n'entend plus ce que le médecin dit. Pour cette raison, il est souvent nécessaire de le revoir pour se faire expliquer les choses à nouveau.
- La révolte : la personne refuse d'accepter la réalité de l'événement, elle cherche à projeter sa colère sur des personnes ou des événements extérieurs, voire sur elle-même avec un fort sentiment de culpabilité.
- La dépression : le sentiment de tristesse s'abat sur la personne et neutralise toutes ses capacités. Elle reste prostrée, incapable de s'intéresser au monde autour d'elle, elle ressasse ses souvenirs et ses regrets.
- La négociation : la personne essaie d'échanger le retour de l'état perdu contre un sacrifice ou un engagement de sa part (par exemple, "Si je guéris de ce cancer, je ne m'énerverai plus pour un oui ou pour un non.") ou en recherchant un traitement coûteux qui pourrait la guérir. Cet état fait la fortune des charlatans.
- Le détachement : peu à peu, la personne commence à prendre de la distance avec ce qu'elle a perdu. Elle en parle avec plus d'objectivité et moins de passion.
- L'acceptation : le détachement est suffisant pour que la personne considère désormais cette perte comme un événement de sa vie, parmi d'autres. Cette étape libère ses capacités à se reconstruire.
Un cycle qui se répète en s'atténuant lentement
Ces étapes ne se succèdent pas dans un ordre pré-établi et elles reviennent régulièrement pendant des semaines, des mois, voire des années. Leur intensité diminue progressivement avec le temps. Une personne qui semble avoir fini par accepter la perte d'un être cher peut connaître un retour des phases de dépression ou de colère, en particulier à l'occasion d'une autre perte, même minime. Par exemple, la perte d'un bijou peut réactiver le deuil de la personne qui vous l'avait offert.
Il ne faut pas hésiter à se faire aider pour vivre et absorber la douleur d'un deuil. Comprendre ses émotions face à un sentiment de perte ne dispense pas des étapes à franchir mais permet de les supporter avec plus de calme.





