Prise en compte du vote...
(5 votes)

Pédopsychiatres et pédopsychologues

Le pédopsychiatre et le pédopsychologue sont des professionnels du psychisme des enfants. Ils les aident à dire leur souffrance par le biais de la parole, mais également à travers d'autres formes d'expression (dessin, jeu, etc.). Ils soulagent de nombreux problèmes, dont l'anxiété, la dépression ou les troubles du comportement.
Date : 14-01-2011


Pédopsychiatre, pédopsychologue, quelle différence ?

Le pédopsychiatre a suivi des études de médecine ainsi qu'une spécialisation en psychiatrie et une formation complémentaire en psychiatrie de l'enfant. En tant que médecin, il est le seul « psy » à pouvoir prescrire. Il peut exercer notamment dans un cabinet privé, à l'hôpital, dans un centre médico¬psychologique ? CMP ? ou médico-psycho¬pédagogique ? CMPP. Les pédopsychiatres travaillent souvent en étroite collaboration avec les enseignants, les infirmières et les psychologues scolaires, les éducateurs et les juges pour enfants. Une consultation chez un pédopsychiatre libéral est partiellement remboursée par l'Assurance maladie.

En cinq ans, le nombre de consultations pédopsychiatriques en France a été multiplié par trois : la plupart des jeunes patients qui consultent ont entre six et douze ans. Ils sont essentiellement suivis pour des troubles du sommeil, des symptômes dépressifs, des manifestations d'agressivité ou des troubles obsessionnels compulsifs.

Le pédopsychologue a suivi un minimum de cinq années d'études universitaires en psychologie avec une spécialisation en psychologie de l'enfant, sanctionnées par un diplôme d'état (DE). Il n'est pas médecin et ne peut donc pas prescrire de médicaments. Il est habilité à pratiquer un certain nombre de tests psychologiques, parmi lesquels les tests de quotient intellectuel et les tests de personnalité, qui permettront de mieux comprendre les difficultés de l'enfant. Comme le pédopsychiatre, le psychologue peut travailler dans les hôpitaux, en cabinet libéral, dans les CMP et les CMPP ou dans le cadre scolaire. Ses prestations sont gratuites dans les structures publiques. En cabinet libéral, elles ne sont pas prises en charge par l'Assurance maladie.

Il existe également des psychothérapeutes et des psychanalystes. Ce sont très souvent des médecins, des psychiatres ou des psychologues qui se sont spécialisés en institut privé ou sous la houlette d'une organisation professionnelle. Leurs consultations ne sont pas remboursées par l'Assurance maladie, sauf si le praticien est médecin. Si la profession de psychanalyste est bien contrôlée, celle de psychothérapeute reste assez floue. Avant de confier votre enfant à un psychothérapeute qui n'est ni psychologue ni psychiatre, renseignez-vous en détail sur sa formation et ses diplômes.

 

Les CMP et les CMPP

Il ne faut pas confondre les centres médico-psychologiques (CMP) qui accueillent des patients souffrant de maladies psychiques et les centres médico-psychopédagogiques (CMPP) qui s'occupent du traitement des troubles du comportement chez des enfants en difficulté.

Les CMP sont des centres de soins psychiatriques liés au monde hospitalier qui assurent le suivi au long cours des patients. Implantés en ville, les CMP accueillent des patients qui peuvent y consulter des psychiatres, des psychologues, ou encore rencontrer une assistante sociale, un infirmier psychiatrique, etc. Certains d'entre eux sont spécialisés dans la prise en charge des enfants et des adolescents. Leurs soins sont pris en charge par l'Assurance maladie.

Les CMPP sont, pour la plupart, des structures associatives. On en trouve au moins un dans chaque département. Leur rôle est le diagnostic, le traitement et la réadaptation d'enfants qui souffrent de troubles neuro-psychologiques ou du comportement. Ce sont à la fois des lieux de parole pour les enfants et leurs parents, et des établissements proposant, parmi d'autres soins, des séances de psychothérapie, de psychomotricité et d'orthophonie prises en charge par l'Assurance maladie.

Pour savoir où trouver un CMP ou un CMPP près de chez soi, on peut se renseigner auprès de sa mairie ou de l'hôpital le plus proche de son domicile, ou chercher dans l'annuaire sous la rubrique centres médicaux et sociaux, dispensaires.

Haut de la page

Choisir un « pédopsy » pour son enfant

Lorsque la qualité de vie d'un enfant est perturbée par des problèmes psychologiques, la première chose à faire est de s'adresser au médecin ou au pédiatre de votre enfant, qui vous conseillera un professionnel. Vous pouvez également contacter le CMP ou le CMPP près de chez vous.

Au-delà de ses compétences professionnelles, le principal critère de sélection d'un professionnel du psychisme des enfants sera le sentiment de confiance que votre enfant et vous éprouverez à son égard. Si vous sentez votre interlocuteur attentif et sans jugement, vous et votre enfant serez plus à l'aise pour lui confier vos difficultés et vos souffrances, ce qui est le premier pas vers le mieux-être.

Si le premier contact ne vous convainc pas, n'hésitez pas à en voir un autre avant de vous engager. Quelques questions vous permettront d'y voir plus clair. Quelle est sa formation ? Quels sont la durée, la fréquence et le tarif de ses consultations ? Sont-elles remboursées ? Propose-t-il uniquement des entretiens individuels ou également des séances de groupe ?

Observez son comportement avec vous et votre enfant, ainsi que la qualité de son écoute et de ses réponses (absence de jugement, clarté, précision, conseils pratiques, etc.).

Haut de la page

Comment expliquer la démarche psy à votre enfant ?

Avant de consulter un spécialiste, il est essentiel d'expliquer pourquoi à votre enfant. Dites-lui qu'il s'agit d'une démarche commune qui vous concerne autant que lui. Il est préférable qu'il n'ait pas l'impression d'être le seul à l'origine du problème.

Si vous sollicitez l'aide d'un professionnel, c'est pour résoudre ensemble une situation qui implique toute la famille et dans laquelle il est partie prenante. Expliquez-lui que le choix d'un spécialiste permet de dire les choses à une personne neutre soumise au secret professionnel : cette personne peut aider chacun à comprendre ce qui lui arrive et à gérer ses difficultés et ses souffrances.

Dites-lui également que, s'il ne se sent pas à l'aise avec cette personne, vous en trouverez une autre avec laquelle il aura plus d'affinités. Après la première consultation, assurez-vous que le contact est bien passé et que votre enfant s'est senti en confiance.

 

Que faire si un enfant refuse de voir un « psy » ?

Un enfant peut refuser de consulter un psychologue ou un pédopsychiatre. Il peut nier avoir un problème, avoir peur des conséquences de la thérapie ou trouver des avantages à la situation dans laquelle il se trouve.

Il ne faut jamais forcer un enfant ni un adolescent à entreprendre une psychothérapie. Mieux vaut chercher à comprendre les raisons de son refus. Cela peut débloquer la situation et donner à l'enfant l'envie de parler, et cette envie est le moteur principal d'une thérapie. Parfois, les parents peuvent décider de consulter eux-mêmes, en présence de l'enfant. Cette solution permet à l'enfant d'intervenir quand il le souhaite et de prendre conscience de l'impact de ses troubles sur sa famille.

Haut de la page

Comment se passent les consultations psy des enfants ?

Le pédopsychiatre, ou le pédopsychologue, écoute vos inquiétudes et évalue le développement de votre enfant, ainsi que ses éventuelles difficultés. Il peut lui faire passer des tests psychologiques pour préciser ses difficultés, mais ceux-ci ne se révèlent pas toujours nécessaires. Dans la mesure du possible, il est important que le professionnel puisse rencontrer les deux parents et parler seul à seul avec l'enfant. Au besoin, le professionnel pourra également demander à rencontrer le reste de la famille.

Pour identifier un problème, il utilise généralement un médiateur, comme le dessin, les jouets ou la musique. Cela permet d'établir le contact et offre à l'enfant l'opportunité de s'exprimer indirectement, avec son propre vocabulaire et son imaginaire.

Au terme de cette période d'évaluation, le professionnel décidera d'un traitement à mettre en place. Dans certaines situations, quelques séances suffisent : le simple fait d'évoquer les problèmes et d'en identifier les causes permet d'éclaircir la situation et de désamorcer la souffrance. Dans d'autres cas, le professionnel proposera une psychothérapie plus longue (de quelques semaines à quelques mois, voire plus) avec des séances individuelles ou en famille.

Le pédopsychiatre peut prescrire, au besoin, un traitement médicamenteux (des anxiolytiques ou des psychostimulants, par exemple), mais ces prescriptions restent exceptionnelles chez l'enfant. Il peut également prescrire des séances avec d'autres spécialistes (orthophoniste, psychomotricien, etc.) en vue d'une rééducation.

 

Le psychologue scolaire

Les psychologues scolaires contribuent à la prévention des difficultés scolaires dès l'école maternelle, en liaison avec des professeurs des écoles chargés de rééducation et des enseignants spécialisés. En France, 3 500 psychologues scolaires travaillent auprès des écoles maternelles et primaires publiques. La mission principale du psychologue scolaire consiste à prévenir l'échec scolaire.

En général, le psychologue rencontre l'enfant trois ou quatre fois. Il fait le point grâce à des entretiens et des tests sur son degré de maturité affective, son développement intellectuel et sa personnalité. Il n'assure pas de suivi psychologique. Si nécessaire, l'enfant est adressé à un centre médico-psychopédagogique ou à un praticien libéral.

Haut de la page