Asthme
L'asthme est une maladie inflammatoire chronique des bronches qui se traduit par des crises d'essoufflement qui peuvent mettre la vie en danger. En France, les crises d'asthme aiguës sont responsables de 1.500 à 2.000 décès chaque année. Pourtant des traitements existent qui, s'ils sont pris avec régularité et soin, préviennent ces crises et permettent aux personnes asthmatiques de mener une vie normale.
Date : 28-12-2011
L'asthme, qu'est-ce c'est ?
L'asthme est une maladie inflammatoire chronique des bronches qui se manifeste par des crises d'essoufflement, une toux, une respiration sifflante et, parfois, une gêne respiratoire permanente. Ces troubles respiratoires peuvent cesser spontanément ou grâce à un traitement.
Qui est touché par l'asthme ?
En France, la fréquence actuelle de l'asthme varie avec l'âge. L'asthme touche de 6 à 9 % des enfants en école primaire, 15 % des 13-14 ans, 5 % des adultes. Sept à 10 % des personnes déclarent avoir souffert d'asthme au cours de leur vie. Ce pourcentage fait de l'asthme l'une des maladies chroniques les plus fréquentes en France. Néanmoins, d'une manière générale, chez l'enfant comme chez l'adulte, l'asthme reste souvent sous-diagnostiqué.
Plusieurs motifs sont avancés pour expliquer la progression de l'asthme depuis les quinze dernières années : le changement de mode de vie, la pollution (domestique, atmosphérique et industrielle), le tabagisme, les agents infectieux (notamment les virus), l'augmentation du nombre d'animaux domestiques et l'apparition de logements mieux isolés et moins aérés favorisant l'humidité et l'exposition aux acariens.
Quels sont les signes de l'asthme ?
La crise d'essoufflement aiguë est le symptôme de l'asthme le plus fréquent, mais l'asthme peut également se traduire par une sensation d'oppression au niveau de la cage thoracique, une difficulté à respirer profondément, une respiration sifflante, un essoufflement à l'effort ou une toux qui ne passe pas.
Les manifestations de l'asthme peuvent survenir à n'importe quel moment de la journée, mais elles surviennent surtout en pleine nuit ou au petit matin (la personne asthmatique se réveille parce qu'elle a du mal à respirer ou à cause de la toux).
Comment reconnaît-on une crise d'asthme ?
Les premiers signes de la crise d'asthme sont parfois discrets (picotements dans la gorge, nez qui coule, éternuements, toux sèche, etc.).
Lorsque la crise d'asthme est franchement déclarée, la personne éprouve une gêne respiratoire plus ou moins importante : elle peut parfois ressentir un serrement de la poitrine, un essoufflement accompagné éventuellement d'une toux sèche, puis grasse ; la respiration devient sifflante, l'expiration devient laborieuse et nécessite un effort de plus en plus important, pouvant aller jusqu'à une sensation d'étouffement.
La durée d'une crise d'asthme peut varier considérablement selon les individus, les circonstances déclenchantes, ainsi que la nature et le début du traitement. La crise d'asthme peut ainsi durer quelques minutes ou s'étendre sur plusieurs jours.
Si la crise d'asthme se prolonge malgré la prise d'un médicament ou recommence rapidement après, cela signifie que le traitement n'est pas adapté ou que la crise est inhabituelle, voire potentiellement grave. Dans ce cas, mieux vaut contacter rapidement son médecin.
En dehors des crises, l'asthme est-il toujours présent ?
L'asthme est une maladie chronique qui ne se manifeste, la plupart du temps, que par des crises aiguës qui viennent troubler une période de calme où tout semblait aller bien et où la personne pouvait croire que la maladie était guérie. Certains asthmatiques voient leurs symptômes diminuer, parfois disparaître pendant plusieurs années. Par exemple, 30 à 50 % des enfants asthmatiques n'ont plus aucune manifestation à la puberté. Mais les rechutes à l'âge adulte sont fréquentes.
En dehors des crises, l'asthme reste souvent actif au niveau des bronches. Chez une personne asthmatique qui ne prend pas de traitement, l'inflammation des bronches persiste à des degrés divers. La présence de cette inflammation explique le caractère irritable des bronches.
En l'absence de traitement, cette inflammation chronique est responsable d'un gonflement des parois des bronches. Parce que cette paroi devient plus épaisse, l'air a moins de place pour circuler à l'intérieur des bronches. L'inflammation chronique est également responsable de la sécrétion de mucosités, ce qui contribue également à obstruer les bronches. Ainsi, même en dehors d'une crise d'asthme, certaines personnes asthmatiques ont des difficultés pour respirer.
En réalité, un vrai confort respiratoire durable, ainsi que la disparition ou la raréfaction des crises, ne sont souvent obtenus que grâce à un traitement pris de manière continue (le « traitement de fond ») : l'interrompre conduit à une réapparition rapide des crises d'asthme.
Haut de la pageLes causes de l'asthme
Chez une personne asthmatique, les bronches sont anormalement sensibles à certains facteurs comme l'exercice physique, le froid, la fumée de cigarette ou l'exposition à des substances responsables de réaction allergique (allergènes). Cette plus grande sensibilité (« hyper-réactivité ») des bronches est la conséquence de leur inflammation permanente. Lorsque les bronches enflammées sont agressées (par les allergènes, la fumée, le froid, l'air sec, la pollution, etc.), elles réagissent en se contractant et en produisant du mucus. Cette réaction gêne le passage de l'air dans les bronches : c'est la crise d'asthme.
Est-ce que l'asthme se transmet des parents aux enfants ?
Bien que l'on retrouve souvent une prédisposition familiale à la survenue d'un asthme, la transmission de la maladie asthmatique des parents à leurs enfants n'est pas systématique.
Le terrain allergique (atopie), facteur de risque majeur de l'asthme chez l'enfant, est héréditaire. Le risque pour l'enfant d'être allergique peut être évalué : lorsqu'un seul conjoint est allergique, le risque que leur enfant développe des manifestations allergiques est de 20 à 30 %. Si les deux conjoints sont allergiques, le risque atteint alors 40 à 60 %.
Des mesures préventives peuvent être prises chez la femme enceinte puis chez l'enfant, pour éliminer un certain nombre de facteurs de risque d'apparition d'un terrain atopique :
- Une femme enceinte doit absolument s'abstenir de fumer.
- Aucun régime alimentaire « hypoallergénique » pendant la grossesse n'a démontré son efficacité. Cependant, chez les femmes enceintes asthmatiques ou allergiques, la consommation d'aliments allergisants comme la cacahuète est déconseillée pendant la grossesse.
- Après la naissance, il est préconisé de nourrir l'enfant au sein le plus longtemps possible. L'allaitement prolongé (plus de trois mois) éviterait l'apparition d'un terrain allergique. Si cela n'est pas réalisable, l'utilisation de laits hypoallergéniques (sans protéine de lait de vache) est conseillée.
- L'alimentation du bébé ne doit pas être diversifiée trop précocement.
- Pour réduire les risques de voir se développer un asthme chez l'enfant, il est recommandé de ne pas fumer en sa présence, de prendre des mesures contre les acariens et d'éviter d'avoir un animal domestique.
Y a-t-il un lien entre l'asthme et les allergies ?
Lorsqu'une personne asthmatique souffre d'autres manifestations allergiques (rhume des foins, eczéma, etc.), il y a de fortes chances que son asthme soit également d'origine allergique. Lorsqu'il a un doute concernant la substance allergisante, le médecin peut demander des tests cutanés (prick tests). Grâce à ces tests cutanés, on peut dépister une allergie aux acariens, à certains animaux, aux différents pollens, aux moisissures ou à des allergènes du milieu professionnel (farine, latex, etc.). Mais la présence d'une allergie ne signifie pas forcément que l'asthme soit dû à cette allergie.
Fumer aggrave-t-il l'asthme ?
Chez les personnes asthmatiques, le tabac est formellement déconseillé car la fumée contient de nombreuses substances irritantes qui vont aggraver l'asthme. En effet, la fumée de tabac provoque une inflammation des voies respiratoires avec augmentation des sécrétions au niveau des bronches. Il est également important de convaincre vos proches de ne pas fumer en votre présence.
Fumer accroît la fréquence des crises et la sévérité de l'asthme. Les asthmatiques fumeurs ont une fonction respiratoire qui se dégrade plus vite que les asthmatiques qui ne fument pas. De plus, le tabac diminue l'efficacité de certains médicaments contre l'asthme.
À long terme, des lésions pulmonaires en rapport avec le tabac, par exemple un emphysème, peuvent se développer et aggraver l'asthme. De telles lésions sont irréversibles, même sous l'effet des traitements contre l'asthme.
Le tabagisme des parents est responsable, chez l'enfant asthmatique, d'une aggravation des troubles respiratoires. Les effets nocifs du tabagisme passif chez l'enfant ont fait l'objet de nombreuses études : le tabagisme maternel durant la grossesse augmente le risque pour l'enfant à naître de développer des troubles respiratoires dans les premières années de sa vie, et peut-être certaines maladies de type allergique. Dans les familles ayant un risque allergique, il est donc encore plus important de ne pas fumer pendant la grossesse et en présence des enfants. Lorsque les deux parents fument à la maison, le risque de voir se développer un asthme à l'âge adulte chez leurs enfants est multiplié par deux.
L'asthme est-il une maladie psychosomatique ?
L'asthme est une maladie des bronches et non une maladie psychologique. La plupart du temps, plusieurs facteurs déclenchants sont associés : par exemple, l'effort, les infections respiratoires, la fumée de cigarette, etc. Il est possible que la contrariété ou les émotions soient co-responsables de crises d'asthme, mais quand une personne est bien protégée par son traitement de fond, les perturbations psychiques ne provoquent pas d'asthme.
Haut de la pageLes facteurs déclenchants des crises d'asthme
Selon les patients, les crises d'asthme peuvent être déclenchées par une grande variété de facteurs.
Les crises d'asthme dues aux allergènes respiratoires
Les allergènes respiratoires (ou pneumallergènes) sont des particules microscopiques présentes dans l'air ambiant et qui, même inhalées en quantité minime, peuvent déclencher des symptômes d'asthme en arrivant au niveau des bronches. Les principaux allergènes respiratoires sont les pollens, les particules provenant d'animaux (chat, chien, rongeurs, acariens, cafards, etc.) et les moisissures. Peuvent également être en cause la poussière de latex, les farines de céréales ou d'autres poussières végétales.
Les crises d'asthme dues aux activités sportives
Le sport est recommandé pour les asthmatiques, car il permet de développer la capacité pulmonaire et de renforcer les muscles respiratoires, comme le diaphragme. Cependant, l'inhalation d'air froid et sec, lors de l'exercice ou de la récupération, peut être à l'origine de crises d'asthme (asthme d'effort).
Les crises d'asthme dues à certains médicaments
Certains medicaments peuvent favoriser ou même déclencher une crise d'asthme et doivent donc être évités chez les patients asthmatiques : les médicaments dits « bêtabloquants » (utilisés en cardiologie ou dans le cas d'un glaucome) et les antibiotiques de la famille de la pénicilline.
Chez les asthmatiques qui souffrent par ailleurs de polypose nasale (syndrome de Widal), une crise d'asthme peut être déclenchée par la prise d'aspirine (c'est-à-dire tous les médicaments qui contiennent de l'acide acétylsalicylique), ou de certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), utilisés pour calmer les douleurs (ibuprofène, etc.). En cas de douleur, mieux vaut utiliser un autre médicament recommandé par votre médecin.
Il est important de signaler à un nouveau médecin que vous êtes asthmatique et de lui indiquer les allergies que vous avez pu avoir dans le passé avec certains médicaments, pour qu'il évite de vous prescrire des médicaments de la même famille. De même, si vous devez bénéficier d'une intervention sous anesthésie générale. Certains produits anesthésiques peuvent parfois déclencher des crises d'asthme ou des réactions allergiques. C'est aussi le cas du latex (gants) qu'il convient de ne pas utiliser en cas d'allergie à cette matière.
Les crises d'asthme dues aux vapeurs irritantes et aux odeurs fortes
L'inhalation de vapeurs irritantes ou d'odeurs fortes peut occasionner une gêne respiratoire ou une crise chez un asthmatique, en particulier :
- les fumées (tabac, cuisson, cheminées, usines, etc.)
- les aérosols domestiques (insecticides notamment) ;
- les solvants (acétone, dissolvant, white-spirit, essence de térébenthine, essence, etc.) ;
- certains parfums.
Infections respiratoires et asthme
La rhinite non allergique (le rhume classique) peut aggraver l'asthme, lorsqu'il existe déjà, ou précéder son apparition à plus long terme. Les infections touchant les poumons et les bronches (grippe, bronchite bactérienne ou virale ou encore pneumonie) sont également souvent responsables de l'apparition de crises d'asthme chez des personnes pour qui le traitement de fond était jusque-là efficace.
Les infections virales représentent environ 60 % des causes d'aggravation de l'asthme chez l'adulte et 80 % chez l'enfant. Les sinusites et les foyers infectieux dentaires peuvent également aggraver un asthme.
De plus, certaines infections virales de la petite enfance (les bronchiolites, fréquentes en hiver et très contagieuses) semblent favoriser l'apparition d'un asthme chez l'enfant.
La pollution a-t-elle une influence sur l'asthme ?
La pollution favorise ou aggrave les manifestations de certaines maladies allergiques comme l'asthme ou la rhinite. Néanmoins, les asthmatiques suivant bien leur traitement de fond semblent protégés.
Lors de pics de pollution, on conseille aux personnes asthmatiques d'éviter les efforts, en particulier la pratique du sport en extérieur. Le traitement par bronchodilatateurs peut être renforcé.
Haut de la pageLa prévention des crises d'asthme
Se tenir éloigné des facteurs qui peuvent la déclencher est la meilleure manière d'éviter une crise d'asthme. Quelles que soient les particularités de leur asthme, il est déconseillé à tous les asthmatiques :
- De fumer ou de fréquenter des lieux enfumés
- De remuer la poussière (balayer, secouer des tapis, etc.)
- D'utiliser des produits irritants pour les voies respiratoires (peintures, colles, produits ménagers, etc.)
Prévenir l'exposition aux acariens chez les asthmatiques
Pour prévenir la prolifération des acariens, il faut concentrer ses efforts sur les chambres à coucher. Il existe un kit de dosage (non remboursé) vendu en pharmacie, qui permet de faire une analyse de la poussière et d'évaluer précisément l'infestation par les acariens (Acarex test).
- Aspirez régulièrement la poussière, y compris sur les matelas et les fauteuils, si possible en l'absence de la personne allergique. Dépoussiérez les meubles avec un chiffon humide.
- Réduisez l'humidité et la température (idéalement 18°C).
- Aérez la chambre tous les jours, lit ouvert.
- Utilisez un sommier à lattes.
- Couvrez les oreillers et les matelas avec des housses spéciales anti-acarien de qualité médicale.
- Utilisez des produits anti-acariens (ou acaricides) en aérosols, qu'on peut utiliser pour traiter literie et moquette. Disponibles en pharmacie, ils ont une durée d'efficacité de trois à six mois.
- Lavez les draps toutes les semaines et les couvertures tous les mois, à température élevée (? 60°C).
- Évitez les moquettes, les tapis, les doubles rideaux dans la chambre à coucher.
- Évitez les animaux en peluche dans le lit et lavez toutes les semaines (? 60°C) celui que l'enfant garde avec lui. On peut également mettre les peluches des enfants un jour ou deux dans le congélateur à - 20°C : il semble que cela tue les acariens.
Prévenir l'exposition au pollen chez les asthmatiques
Lorsque la présence de pollens à l'extérieur est importante :
- Restez le plus possible à l'intérieur.
- Fermez les fenêtres en milieu de matinée et en fin d'après-midi.
- Portez un chapeau et des lunettes de soleil si vous devez sortir.
- Rincez-vous les cheveux, les cils et les sourcils après une promenade à l'extérieur et lavez les vêtements qui pourraient héberger des grains de pollen.
En période pollinique, il est souhaitable de prendre des anti-histaminiques (des médicaments contre les allergies) et surtout de suivre régulièrement son traitement contre l'asthme. Dans certains cas, le traitement de fond de l'asthme est augmenté par votre médecin pendant les périodes polliniques.
Prévenir l'exposition aux poils d'animaux chez les asthmatiques
Si une personne allergique possède des animaux domestiques, des précautions s'imposent :
- Interdisez l'accès des animaux à votre chambre à coucher.
- Supprimez les moquettes et les meubles recouverts de tissus qui peuvent retenir les poils.
- Lavez votre animal toutes les semaines (en particulier le chat) : cela permet de diminuer la quantité d'allergène dans le logement.
Si ces mesures sont insuffisantes, il est préférable de trouver un autre foyer pour votre animal. En cas de métier au contact des animaux, une allergie de ce type peut nécessiter un reclassement professionnel.
Prévenir l'exposition aux cafards chez les asthmatiques
Des entreprises spécialisées proposent un traitement régulier des maisons et des appartements par des produits anti-cafards. De votre côté, vous pouvez prendre les mesures suivantes :
- Disposez des pièges à cafards ou de la poudre anti-cafards derrière les meubles.
- Maintenez votre cuisine et votre intérieur les plus propres possible (ne laissez pas traîner d'aliments non protégés, rangez les poubelles dans des lieux parfaitement fermés).
- Évitez d'apporter des aliments dans les chambres à coucher.
Prévenir l'exposition aux moisissures chez les asthmatiques
Pour réduire l'exposition aux moisissures :
- Supprimez les sources d'humidité en réparant les fuites d'eau.
- La salle de bains et la cuisine doivent être aérées et ventilées régulièrement.
- Évitez les habitations humides et situées à proximité d'un cours d'eau.
- Supprimez les sources de moisissures : les surfaces sales doivent être nettoyées avec de l'eau de javel.
- Vérifiez que la terre de vos plantes vertes n'est pas couverte de moisissures. Si c'est le cas, remplacez la terre de surface par du terreau neuf.
- Jetez rapidement les aliments moisis.
- Les humidificateurs constituent un réservoir pour le développement des moisissures ; ils doivent être nettoyés au moins deux fois par semaine avec une solution javellisée.
- Conservez le bois de chauffage à l'extérieur de votre habitation.
Prévenir l'asthme d'effort lorsqu'on fait du sport
La prise d'un médicament bronchodilatateur une demi-heure avant un effort permet de prévenir la crise d'asthme provoquée par l'exercice physique. Certaines mesures permettent également de réduire les crises d'asthme d'effort :
- Échauffez-vous progressivement pendant plusieurs minutes (surtout quand il fait froid).
- Évitez les efforts en extérieur lorsque la pollution de l'air est importante, par temps très froid ou lorsqu'il y a du brouillard.
- Interrompez le sport quelques jours en cas d'aggravation de l'asthme (en raison d'une infection respiratoire, par exemple).
Le seul sport formellement interdit chez l'asthmatique est la plongée sous-marine avec bouteille.
Par ailleurs, chez les asthmatiques pour qui les crises induites par l'exercice physique ne sont pas contrôlées par les médicaments, il peut être contre-indiqué de pratiquer les courses d'endurance.
Prévenir les asthmes professionnels
En France, 5 à 10 % des asthmes sont d'origine professionnelle et leur importance est probablement sous-estimée. Certaines professions peuvent être déconseillées aux personnes asthmatiques :
- les métiers qui exposent à des produits irritants (peinture, teinturerie, coiffure, nettoyage industriel, etc.) ;
- la profession vétérinaire, le toilettage d'animaux et les métiers de l'équitation ;
- les métiers en piscine (maître-nageur, animateur d'aquagym, etc.) ;
- la boulangerie.
Comment diagnostique-t-on l'asthme ?
Le diagnostic et le suivi médical de la sévérité de l'asthme reposent sur une série de tests. L'un d'entre eux, la mesure du débit expiratoire de pointe (DEP), peut facilement être réalisé par le patient pour évaluer l'état de ses bronches et l'efficacité de ses traitements.
Pour diagnostiquer l'asthme et mesurer son importance, le médecin s'appuie tout d'abord sur la description précise des symptômes (crises d'essoufflement, sifflements, toux), les circonstances dans lesquelles ces manifestations apparaissent, leur ancienneté et leur fréquence. La présence d'allergie ou d'asthme dans la famille du patient constitue un argument supplémentaire en faveur d'un diagnostic d'asthme.
Le médecin recherche ensuite la présence de signes caractéristiques de l'asthme, comme le sifflement des poumons à l'auscultation ou la toux. En dehors des crises, cet examen est souvent normal.
Comment mesure-t-on le bon fonctionnement des poumons ?
Pour mettre en évidence l'obstruction des bronches observée dans l'asthme, le médecin fait réaliser des tests qui évaluent la capacité respiratoire. De plus, si les résultats de cet examen sont anormaux, le médecin peut, en renouvelant ce test régulièrement, évaluer l'efficacité des traitements qu'il a prescrits et suivre l'évolution de l'asthme. La réalisation de ces tests respiratoires permet ainsi d'ajuster le traitement de fond de l'asthme.
Les tests utilisant un spiromètre
Le spiromètre est un appareil qui permet de mesurer les capacités respiratoires. L'examen est facile et indolore : on demande au patient d'inspirer ou d'expirer par un embout relié à cet appareil, qui établit des courbes et des calculs caractérisant la respiration. Les résultats obtenus sont ensuite comparés à ceux que l'on obtiendrait chez une personne du même âge, du même sexe et de même taille, dite « normale » (valeurs « idéales »).
Les tests mesurant les gaz du sang
Les gaz dissous dans le sang sont analysés : on mesure le taux d'oxygène (PaO2) et le taux de gaz carbonique (PaCO2), qui reflètent l'efficacité de la respiration.
Les tests utilisant un débitmètre de pointe
Le débitmètre de pointe est un instrument portable de mesure du souffle. Il permet de mesurer le débit expiratoire de pointe ou DEP (« peak-flow » en anglais) qui est un bon reflet du degré d'obstruction des bronches. Lorsque le patient souffle dans le débitmètre de pointe, l'air pousse un curseur le long d'une règle graduée.
Comment évalue-t-on la sévérité de l'asthme ?
La sévérité de l'asthme est très différente d'une personne à une autre. On définit quatre stades d'asthme, en fonction de la fréquence des symptômes (notamment la nuit) et de la valeur des mesures du souffle (en pratique, on utilise souvent le débit expiratoire de pointe).
- Stade 1 : l'asthme est dit « intermittent » s'il y a moins d'une crise d'asthme par semaine (crises brèves et absence de symptômes entre les crises). Le DEP est normal en dehors des crises et varie peu. La fonction respiratoire est normale. Une personne asthmatique sur deux en France a un asthme intermittent.
- Stade 2 : l'asthme est dit « persistant léger » s'il y a plusieurs crises d'asthme par semaine (mais pas plusieurs par jour) et si les crises peuvent perturber l'activité physique et le sommeil. Le DEP est normal (supérieur à 80 % de la valeur idéale).
- Stade 3 : l'asthme est dit « persistant modéré » s'il y a au moins un symptôme d'asthme par jour ou des réveils la nuit assez fréquents (au moins une fois par semaine), si l'usage des bronchodilatateurs d'action rapide (traitement de crise) est quotidien ou si les crises affectent la qualité de vie. Le DEP évolue entre 60 et 80 % de la valeur idéale et il varie davantage au cours de la journée.
- Stade 4 : l'asthme est dit « persistant sévère » si les symptômes sont fréquents ou permanents, les crises fréquentes, l'activité physique limitée, les réveils nocturnes habituels : la qualité de vie en est souvent affectée. Les EFR sont anormales, la variation quotidienne du DEP est importante.
Qu'est-ce que le débitmètre de pointe ?
La mesure du débit expiratoire de pointe (DEP), qui peut être utilisée par le médecin pour le diagnostic de l'asthme, peut également être facilement réalisée par le patient pour mesurer l'état de ses bronches et l'efficacité de ses traitements.
La surveillance du DEP, définie selon les instructions du médecin, peut être très variable. Lors d'une surveillance régulière, il est conseillé de noter chaque mesure de DEP sur un graphique en face de la date. En traçant un trait entre les points successifs, on obtient ainsi une courbe d'évolution du DEP. Des feuilles destinées à construire ce type de graphe sont fournies dans les boîtes des débitmètres de pointe.
La mesure du DEP est indispensable en cas de crise inhabituelle ou qui ne passe pas rapidement avec le traitement.
Quand utiliser son débitmètre de pointe ?
Le débitmètre de pointe est l'instrument qui permet à la personne asthmatique d'évaluer, à tout moment, ses capacités respiratoires. Cet outil indispensable permet de repérer le début d'une crise d'asthme ou de mesurer les effets du traitement. Savoir se servir d'un débitmètre de pointe est donc essentiel pour les personnes asthmatiques.
Comment utiliser son débitmètre de pointe ?
Quelques règles simples permettent de bien utiliser son débitmètre de pointe :
- se tenir en position debout ou assise, buste droit ;
- ramener le curseur du débitmètre de pointe à zéro ;
- tenir l'appareil sans gêner la course du curseur ni les sorties d'air avec les doigts ;
- inspirer profondément (bouche ouverte) pour emmagasiner le maximum d'air dans vos poumons, l'appareil étant à distance de la bouche ;
- mettre l'embout dans la bouche en serrant les lèvres pour éviter les fuites ;
- souffler aussi vite et aussi fort que possible, comme pour éteindre les bougies d'un gâteau d'anniversaire (attention de ne pas souffler comme dans une sarbacane, avec la langue dans l'embout) ;
- répéter trois fois l'opération et noter le meilleur chiffre qui est la valeur de DEP du moment.
Comment soigne-t-on l'asthme ?
La plupart des personnes asthmatiques prennent des traitements. Ces traitements sont de deux types : les traitements de fond (qui diminuent l'inflammation des bronches et les dilatent de façon prolongée) et les traitements de crise (qui dilatent très rapidement les bronches en cas de crise).
Pourquoi prescrit-on un traitement de fond de l'asthme ?
Le traitement de fond de l'asthme est celui que l'on prend régulièrement, tous les jours, même lorsqu'on se sent en pleine forme afin d'éviter les crises d'asthme. Ils diminuent le risque de développer une crise d'asthme et améliorent la fonction respiratoire. Le traitement de fond permet aussi de prévenir l'apparition d'une insuffisance respiratoire permanente et invalidante.
Les médicaments prescrits dans le traitement de fond de l'asthme ont très peu ou pas du tout d'effets indésirables s'ils sont utilisés aux doses minimales efficaces (c'est-à-dire la dose la plus faible qui permet de contrôler efficacement l'asthme). Pour trouver ces doses minimales efficaces, une réduction progressive des doses est souvent proposée par paliers d'une durée de trois mois, une fois que l'asthme est contrôlé.
On distingue plusieurs niveaux de traitement selon la sévérité de l'asthme. En principe, seules les personnes ayant un asthme intermittent (stade 1), avec des crises très peu fréquentes, n'ont pas besoin d'un traitement de fond. Tous les autres asthmatiques devraient en revanche bénéficier d'un traitement de fond.
Parce que le traitement de fond de nombreuses personnes asthmatiques comporte quotidiennement un corticoïde et un bronchodilatateur de longue durée d'action à prendre par voie inhalée, il existe des médicaments qui contiennent ces deux types de substances actives dans un seul et même système d'inhalation.
Comment savoir si son traitement de fond de l'asthme est efficace ?
Le bon contrôle d'un asthme est défini par :
- des symptômes absents ou minimes
- une activité physique normale, y compris à l'effort,
- un sommeil normal,
- un nombre minimum de crises, c'est à dire ne perturbant pas la vie quotidienne,
- aucune consultation en urgence ou hospitalisation,
- une consommation nulle ou minimale de bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques d'action rapide,
- une fonction respiratoire optimale,
- des effets indésirables des médicaments minimes ou absents.
L'aggravation de l'asthme se manifeste par plusieurs symptômes :
- crises répétées ou inhabituelles,
- symptômes nocturnes,
- essoufflement pour des efforts habituellement bien supportés,
- augmentation du recours aux bronchodilatateurs d'action rapide, ceux-ci devenant de moins en moins efficaces,
- ces signes sont associés dans la grande majorité des cas, à une diminution du DEP.
Tous ces signes doivent alerter et faire consulter pour réajuster le traitement de l'asthme. Faute de quoi, l'évolution vers une crise sévère nécessitant l'hospitalisation est toujours possible. Il faut être particulièrement vigilant si l'asthme a déjà donné lieu à des hospitalisations.
Haut de la pageLes traitements de la crise d'asthme
La crise d'asthme nécessite un traitement rapide visant à dilater les bronches, pour augmenter la circulation de l'air dans les poumons, et visant à réduire l'inflammation des bronches. Plusieurs familles de médicaments sont utilisées dans le traitement de la crise d'asthme : les bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques d'action rapide, sous forme inhalée, les corticoïdes en comprimés voire injectables en cas de crise sévère, ou encore le bromure d'ipratropium inhalé.
Au début de la crise d'asthme
- Dès les premiers signes (essoufflement, oppression thoracique, toux, etc.), le traitement habituel est de deux bouffées (s'il s'agit d'un aérosol-doseur) ou d'une inhalation (en cas d'inhalateur de poudre) d'un bronchodilatateur bêta-2 mimétique d'action rapide.
- Après dix à quinze minutes, si la gêne persiste, on peut reprendre deux bouffées d'aérosol-doseur ou une inhalation de poudre.
- Après dix à quinze minutes de plus et si les symptômes n'ont toujours pas disparu, on peut prendre de nouveau deux à quatre bouffées d'aérosol, ou une à deux inhalations de poudre.
- Une crise simple doit s'arrêter après la prise de six à huit bouffées d'aérosol (ou trois ou quatre inhalations de poudre).
- Il faut également éliminer les facteurs déclenchants éventuels : allergènes, fumée de cigarette, froid, etc.
Si la crise d'asthme résiste au traitement
En cas de non-amélioration après l'inhalation de six à huit bouffées d'aérosol (ou trois ou quatre inhalations de poudre) de bronchodilatateurs bêta-2-mimétiques, si le débit expiratoire de pointe (DEP) est inférieur à 50 % de la valeur de référence ou si la crise recommence rapidement, il s'agit d'une crise dite « sévère ». Il faut alors simultanément :
- multiplier les doses de bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques en inhalation (deux bouffées d'aérosol-doseur ou une inhalation de poudre toutes les quinze minutes) ou en injection sous-cutanée ;
- prendre des corticoïdes en comprimés (selon la dose prescrite par le médecin) ;
- prévenir un médecin sans attendre.
En l'absence d'amélioration, ou en cas de véritable sensation d'étouffement d'emblée, il faut considérer qu'il s'agit d'un asthme aigu grave, et appeler une équipe médicale d'intervention au domicile : SAMU (15) ou pompiers (18 ou 112). Les crises d'asthme aigu grave nécessitent généralement des injections de corticoïdes pendant quelques jours.
De la difficulté à parler, de l'agitation, des sueurs, une tendance à la confusion ou à la somnolence? ces signes doivent également amener à appeler immédiatement les secours en vue d'une hospitalisation.
Est-il dangereux de dépasser la dose de médicaments prescrits pour arrêter les crises ?
En l'absence de maladie cardiaque, il est possible de dépasser de quelques bouffées la dose de bronchodilatateurs d'action rapide prescrite en cas de crise. Vous pouvez alors ressentir des signes de surdosage (tremblements, palpitations) qui sont habituellement bien tolérés. Dans le cas où la dose prescrite a dû être dépassée pour faire cesser une crise, il est indispensable de consulter le plus rapidement possible son médecin traitant.
Que doit-on faire quand la crise d'asthme est terminée ?
- Mesurez votre débit expiratoire de pointe et surveillez-le pendant quelques jours afin de vérifier qu'il reste proche des valeurs habituelles. Si ce n'est pas le cas, consultez sans tarder votre médecin.
- Essayez d'identifier le facteur déclenchant de la crise pour l'éviter ultérieurement : oubli ou arrêt intempestif du traitement, allergène, infection, fumée, froid, etc.
Si les crises se sont répétées les jours précédents, un renforcement du traitement de fond est vraisemblablement nécessaire. Il s'agira, par exemple, selon la prescription ou les recommandations de votre médecin, d'une augmentation passagère des corticoïdes inhalés, ou d'une courte cure de corticoïdes en comprimés si la crise a été particulièrement forte.
La trousse d'urgence d'un asthmatique
La trousse d'urgence d'une personne asthmatique comporte les traitements d'urgence prescrits par son médecin. Cette trousse doit accompagner le patient en vacances ou lors de déplacements éloignés. On y trouve généralement :
- le bronchodilatateur d'action rapide avec, au besoin, une chambre d'inhalation ;
- le débitmètre de pointe ;
- le nom et le numéro de téléphone du médecin de famille et du pneumologue.
D'autres éléments de la trousse d'urgence varient selon le patient et ses particularités :
- un bronchodilatateurs bêta-2 mimétique injectable par voie sous-cutanée ;
- le matériel pour réaliser cette injection sous-cutanée (aiguilles et seringues de 2 ml, compresses alcoolisées pour désinfecter la peau) ;
- des corticoïdes en comprimés.
Chez certaines personnes qui font par ailleurs des réactions allergiques susceptibles d'être dangereuses, comme des ?dèmes de Quincke ou des chutes de pression artérielle (choc), la trousse peut également comporter de l'adrénaline injectable.
Haut de la pageBien prendre les traitements contre l'asthme inhalés
En inhalant un médicament bronchodilatateur ou anti-inflammatoire, celui-ci atteint rapidement les bronches où il peut agir immédiatement. Il existe plusieurs systèmes d'inhalation, qui ont différents modes d'administration et des coûts variés.
Les aérosols-doseurs
Les aérosols-doseurs (spray, « bombe » ou flacon pressurisé) sont le système d'inhalation le plus ancien et le moins cher. Après avoir agité le flacon, il faut placer l'embout dans la bouche, puis presser sur l'aérosol tout en aspirant profondément par la bouche. Certaines personnes ne parviennent pas à bien utiliser les aérosols-doseurs : dans ce cas, le médicament ne pénètre pas bien dans les bronches. D'autres personnes ressentent une irritation ou une gêne respiratoire après la prise de ces aérosols.
Il est important de signaler à votre médecin les difficultés que vous pose le mode d'administration de votre médicament : un mauvais contrôle de l'asthme est souvent dû à une manipulation incorrecte du système d'inhalation. Dans ce cas, on peut alors utiliser d'autres systèmes.
L'usage des aérosols-doseurs avec une chambre d'inhalation
La chambre d'inhalation est un récipient fermé, mesurant environ un litre, avec un embout pour la bouche et sur lequel s'adapte un aérosol-doseur. Il s'achète indépendamment de l'aérosol-doseur.
Après avoir pulvérisé une à plusieurs bouffées du médicament à l'intérieur de la chambre d'inhalation, il faut respirer plusieurs fois amplement et calmement l'air contenu à l'intérieur de la chambre par l'intermédiaire de l'embout buccal. La prise du médicament est plus facile car il n'y a plus de geste de la main à faire lors de l'inspiration (comme c'est le cas avec les aérosol-doseurs) et cela permet un meilleur passage des traitements vers les bronches.
L'utilisation d'une chambre d'inhalation est particulièrement indiquée chez les enfants en bas âge ou les personnes âgées. Elle peut, par ailleurs, réduire l'apparition d'effets indésirables locaux comme la voix rauque ou les mycoses buccales observées lors de traitement par les corticoïdes inhalés.
L'aérosol pressurisé auto-déclenché
Dans ce type de dispositif (système autohaler), c'est l'inspiration qui déclenche la libération du produit.
Les inhalateurs de poudre sèche
Dans les inhalateurs de poudre sèche, le produit actif se présente sous forme de poudre extrêmement fine ; c'est l'inspiration qui permet l'inhalation du produit par la bouche.
La nébulisation
Les bronchodilatateurs en nébulisation ne peuvent être délivrés qu'à l'hôpital pour les situations d'urgence. Cette technique permet de créer un brouillard d'aérosol à partir d'un médicament liquide : le traitement sera inhalé par la personne, grâce à un masque (parfois un embout buccal) placé sur le nez et la bouche, en respirant calmement pendant dix à quinze minutes. De plus, les nébulisations avec masque facial peuvent être utilisées chez l'enfant. La nébulisation permet de délivrer de plus fortes doses de bronchodilatateurs.
Pour ne pas tomber en panne de traitement inhalé contre l'asthme
Il est parfois difficile de savoir quand son aérosol-doseur est presque vide. Plusieurs méthodes sont possibles :
- Plongez le flacon (après l'avoir retiré du support en plastique) dans l'eau. Si le flacon flotte à la surface en restant horizontal, il est vide. S'il va au fond de l'eau, il est plein. Même si cette méthode est plutôt fiable, il ne faut pas la renouveler trop souvent, car elle expose au risque de dégradation du métal du flacon.
- Agitez l'aérosol-doseur près de l'oreille pour entendre le liquide bouger et évaluer la quantité de médicament qui reste.
- Comptez et notez le nombre de bouffées d'aérosol-doseur que vous prenez et comparez ces chiffres avec le nombre de doses disponibles qui est indiqué sur la boîte du médicament.
Concernant les inhalateurs de poudre, un compteur disponible sur certains inhalateurs renseigne sur le nombre d'inhalations qui reste avant d'avoir à remplacer ce médicament. Attention : un inhalateur de poudre ne doit pas être plongé dans l'eau ! Sur certains inhalateurs de poudre, un témoin devient rouge lorsqu'ils ne contiennent plus que quelques doses.
Haut de la pageAsthme et grossesse
Lorsqu'elle souffre d'asthme, une femme peut être inquiète sur les conséquences de sa maladie en termes de maternité. Pourtant, asthme et grossesse sont tout à fait compatibles.
Comment évolue l'asthme pendant la grossesse ?
L'évolution de l'asthme chez la femme enceinte n'est pas prévisible. Durant la grossesse, l'asthme s'améliore chez un tiers des femmes asthmatiques, il reste stable chez un autre tiers et s'aggrave pour le dernier tiers des futures mères.
Le risque d'aggravation est plus grand :
- si la femme fume,
- si le traitement de fond est interrompu,
- si l'asthme était initialement sévère.
Le risque d'aggravation est également plus important pendant le troisième trimestre de la grossesse. La grossesse justifie donc une surveillance attentive de l'asthme. Après l'accouchement, l'asthme retrouve son état antérieur, généralement en un trimestre.
Le f?tus est-il à risque à cause de l'asthme de la mère ?
Un asthme maternel bien traité et bien suivi ne pose pas de problème pour l'enfant à naître. Le risque le plus important pour le f?tus serait de souffrir d'un manque d'oxygène si la mère faisait une crise d'asthme sévère. Il ne faut pas hésiter à s'aider du débitmètre de pointe pour vérifier que l'asthme est bien équilibré. C'est pourquoi il faut tout faire pour prévenir l'apparition des crises : suivre rigoureusement son traitement de fond et éviter les facteurs déclenchants.
Ne jamais arrêter son traitement contre l'asthme pendant la grossesse
Les médicaments anti-asthmatiques n'ont pas d'effets indésirables notables, ni chez la future mère, ni chez le f?tus. Les médicaments habituellement utilisés pour traiter l'asthme sont autorisés pendant la grossesse : ils ne sont pas toxiques pour le f?tus. En aucun cas, vous ne devez arrêter votre traitement de fond lorsque vous découvrez que vous êtes enceinte. Faites confiance à votre médecin et suivez ses conseils.
Si vous êtes allergique, sachez en revanche que la majorité des anti-histaminiques ne doivent pas être pris pendant le premier trimestre de la grossesse, et que certains ne doivent pas être utilisés pendant le dernier trimestre.
Asthme et accouchement
Chez les futures mamans asthmatiques, la meilleure préparation à l'accouchement est d'arriver à l'hôpital avec un asthme bien équilibré, ce qui implique un suivi régulier et une prise rigoureuse du traitement de fond pendant toute la grossesse.
Pensez à informer au préalable l'anesthésiste de votre asthme et de vos allergies, au cas où vous auriez besoin d'une césarienne sous anesthésie générale. Mais une péridurale peut parfaitement être réalisée, sauf dans les cas exceptionnels où la future mère est allergique au produit utilisé pour la péridurale.
Asthme et allaitement
Tous les médicaments utilisables durant la grossesse peuvent être administrés à une femme asthmatique qui souhaite allaiter. A savoir, la théophylline passe dans le lait maternel et peut être responsable d'irritabilité et de nervosité chez le nourrisson.
De plus, les médicaments anti-histaminiques ayant un effet sédatif (ceux qui « endorment ») sont déconseillés pendant l'allaitement. En l'absence d'information sur leur passage dans le lait maternel et leur effet sur le nourrisson, les antileucotriènes sont également déconseillés durant l'allaitement.
Haut de la pagePartir en voyage lorsqu'on souffre d'asthme
Un environnement inhabituel peut parfois favoriser le déclenchement d'une crise chez une personne asthmatique. Avant de partir, quelques précautions s'imposent afin de voyager en toute sérénité : s'assurer que son asthme est contrôlé, préparer ses traitements et se renseigner sur la situation locale. Une visite médicale s'impose également.
Choisir sa destination lorsqu'on souffre d'asthme
Évitez les climats très chauds ou très froids, les régions sèches et poussiéreuses, ainsi que les altitudes supérieures à 2.500 mètres : l'air y est froid, sec et contient moins d'oxygène. En revanche, les voyages en moyenne altitude (autour de 1.500 mètres) sont bénéfiques aux personnes allergiques, car les acariens et les pollens y sont moins présents. Bien sûr, lorsque l'on est allergique au pollen, il est préférable d'éviter la campagne entre mai et août dans l'hémisphère nord, entre novembre et février dans l'hémisphère sud.
Évitez si possible les grandes villes fortement polluées (Mexico, Athènes, Pékin, etc.). Il ne s'agit en aucun cas d'une contre-indication véritable : si le voyage est nécessaire, il est possible de renforcer le traitement de fond.
Choisir son mode d'hébergement lorsqu'on souffre d'asthme
- Évitez les environnements susceptibles de déclencher des crises d'asthme, par exemple, les logements humides ou poussiéreux, comme les locations de vacances ouvertes seulement l'été.
- Les vieux matelas, les couettes et les traversins en plumes sont vos ennemis. Prévoyez d'emporter une housse anti-acariens et un oreiller en matière synthétique. Fuyez la proximité d'animaux si vous y êtes allergique : séjours à la ferme, centres équestres, etc.
Prévoir des activités sportives lorsqu'on souffre d'asthme
Si votre asthme est contrôlé, vous pouvez pratiquer toutes sortes d'activités sportives, à condition de respecter vos capacités. La seule contre-indication absolue pour une personne asthmatique est la plongée sous-marine avec bouteille. Les activités de haute altitude sont plutôt déconseillées.
Les vaccins du voyageur asthmatique et la prévention du paludisme
La mise à jour des vaccinations est essentielle à la préparation d'un voyage. Néanmoins, les personnes asthmatiques, plus fréquemment allergiques aux protéines des ?ufs, doivent être alertées sur le fait que les vaccins contre la fièvre jaune et l'encéphalite à tiques (mais également ceux contre la rougeole, les oreillons et la grippe) peuvent en contenir. En cas de nécessité absolue de vaccination, notamment contre la fièvre jaune, des mesures particulières peuvent être prises en milieu hospitalier : essai du vaccin à petite dose sous surveillance médicale, désensibilisation, etc. Un asthmatique non allergique à l'?uf peut être vacciné mais il doit, par précaution, signaler son asthme ou ses allergies au médecin vaccinateur.
Le fait d'être asthmatique n'empêche habituellement pas de recevoir une chimioprophylaxie antipaludique (les médicaments que l'on prend pour prévenir le paludisme).
Pendant le transport lorsqu'on souffre d'asthme
Dans les transports, prenez garde aux bouches de ventilation, ainsi qu'aux changements brutaux de température lorsque l'air est climatisé. L'air sec et froid est un déclencheur de crises d'asthme, emportez une écharpe ou un foulard pour vous protéger. Evitez de vous exposer au tabac, que ce soit en voiture ou en train.
En avion, gardez avec vous les aérosols-doseurs, qui ne peuvent être entreposés en soute, la dépressurisation les vidant.
En voiture, n'abusez pas de la climatisation et veillez à ce que le véhicule soit régulièrement dépoussiéré. Attention : Ne laissez jamais vos traitements en aérosol-doseur exposés au soleil sur la plage arrière de la voiture ou dans le coffre, la chaleur risquant de les faire exploser.
Ce que vous devez emporter en voyage si vous souffrez d'asthme
- Vos médicaments (traitement de fond et traitement de crise) avec leur emballage et votre matériel (débitmètre de pointe, chambre d'inhalation pour un enfant, etc.), répartis dans deux bagages. Ne vous séparez jamais de votre traitement de crise. Assurez-vous que vous aurez suffisamment de médicaments pour vous soigner si le séjour est prolongé pour des raisons inattendues (une ou deux semaines de traitement).
- Les ordonnances de vos médicaments (avec mention des noms chimiques ou DCI) et, éventuellement, des certificats médicaux décrivant votre traitement et justifiant par exemple le transport de stylo injecteur (adrénaline). Demandez à votre médecin de rédiger ces papiers en double, avec si possible une version en anglais.
- Les coordonnées des différents services d'urgence et des médecins sur place ; demandez-les à votre médecin.
- Les coordonnées de l'ambassade de France ou des services consulaires.
- Le numéro téléphonique de l'assistance de l'assurance de rapatriement sanitaire que vous aurez pris soin de contracter avant de partir.
- Au besoin, votre carte européenne d'Assurance maladie.
- Un masque ou un foulard pour vous protéger de la poussière.
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