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vaccins

Les vaccins

Tous les pays ont un programme national de vaccination contre les principales maladies infectieuses. Ces programmes ont permis de faire baisser considérablement le taux de mortalité infantile à travers le monde.
Date : 30-07-2009


Qu'est-ce qu'un vaccin ?

Depuis la première vaccination (contre la variole, au XVIIIe siècle), tous les vaccins fonctionnent sur le même principe. On introduit dans l'organisme des micro-organismes tués ou affaiblis (ou des fragments de ces micro-organismes). Ceux-ci vont inciter le système immunitaire à produire des anticorps et à garder la mémoire de ce premier contact. Par la suite, à chaque contact avec ces micro-organismes, le corps réagira plus rapidement contre l'infection et la neutralisera avant l'apparition de symptômes. Les vaccins subissent des tests rigoureux avant leur commercialisation pour s'assurer de leur efficacité et de leur innocuité. Certains vaccins peuvent provoquer quelques effets indésirables, mais ils sont généralement bénins : essentiellement fièvre modérée et rougeurs, inflammation et douleur au point d'injection. Il est essentiel de garder à l'esprit que les risques associés aux vaccins sont très inférieurs aux risques liés aux maladies qu'ils préviennent.

   

Pourquoi est-il essentiel d'être vacciné ?

Le respect du calendrier des vaccinations est le meilleur moyen de se protéger efficacement contre les maladies infectieuses et d'éviter leur dissémination. En France, certaines vaccinations sont obligatoires : diphtérie, tétanos et poliomyélite. Il est également recommandé de vacciner ses enfants contre la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l'hépatite B, les infections à Hæmophilus influenzae type b (Hib), et les infections invasives à pneumocoques. Grâce aux campagnes de vaccination, certaines de ces maladies ont presque disparu dans les pays industrialisés, au point que certaines personnes remettent en cause l'utilité de la vaccination contre celles-ci. Pourtant, ces maladies restent encore répandues dans d'autres pays. Avec l'essor du tourisme international, l'arrêt des vaccinations pourrait entraîner une recrudescence de ces maladies dans notre pays. Il est donc important de continuer à vacciner nos enfants pour préserver leur santé et pour contribuer à l'éradication de ces maladies dans le monde.

   

Quand doit-on se faire vacciner ?

Le Conseil supérieur d'hygiène publique publie chaque année un calendrier officiel des vaccinations. Il précise les vaccinations à pratiquer et les âges auxquels les différentes injections (primo-injection et rappels) doivent être faites.

Le respect du calendrier vaccinal est le meilleur moyen de se protéger efficacement contre certaines maladies contagieuses. Ce calendrier contient les recommandations vaccinales en fonction des âges. Il est mis à jour chaque année par les autorités sanitaires. Il permet de savoir à quel moment il faut faire les vaccins et leurs rappels. Dans tous les cas, votre médecin traitant vous rappellera la conduite à suivre. Il pourra également adapter ce calendrier à votre situation ou à celle de votre enfant (maladies chroniques).

Le carnet de santé contient une partie relative aux vaccinations avec des tableaux que votre médecin remplira après chaque injection de vaccin. Ces tableaux permettent de tenir à jour les vaccins et ont valeur de certificat pour les vaccinations obligatoires. Ces certificats vous seront demandés à l'entrée de votre enfant en collectivité (crèche, école, centres de loisirs ou de vacances, par exemple) et en cas d'accident (pour le tétanos). N'oubliez pas de les emporter lors de vos déplacements.

 

Que faire en cas d'oubli du rappel ?

Un retard dans le calendrier de vaccinations n'implique pas obligatoirement de recommencer toutes les injections depuis le début. Il suffit de reprendre le programme des vaccinations là où il s'est arrêté et de compléter la vaccination avec le nombre d'injections requis en fonction de l'âge. Votre médecin vous guidera.

   

Les vaccins sont-ils parfois contre-indiqués ?

Dans certains cas, des vaccins peuvent être contre-indiqués, en particulier chez les personnes souffrant de déficit de l'immunité. De plus, certains enfants ne doivent pas être vaccinés contre la coqueluche. Les personnes atteints d'infection par le VIH-sida ne doivent pas être vaccinés contre la tuberculose (BCG) et ceux allergiques aux protéines d'oeuf sont allergiques au vaccin contre les oreillons ou la grippe. Parfois, les contre-indications sont temporaires, dans le cas de personnes malades, d'infections de la peau, de traitement par la cortisone, etc. Signalez tout problème de santé avant une vaccination.

   

Les vaccins sont-ils remboursés ?

Les vaccins sont disponibles sur ordonnance, à l'exception de celui contre la grippe chez les personnes qui ont déjà été vaccinées. Il arrive que certains vaccins soient en rupture de stock chez le fabricant ou que votre pharmacie ne dispose que de quelques-uns d'entre eux. Pour éviter les soucis de disponibilité, commandez-les à votre pharmacien quelques jours avant la date de votre visite chez le médecin. Les vaccins sont fragiles et doivent être conservés au réfrigérateur. En cas de doute, demandez conseil à votre pharmacien.

Seul le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole) et celui contre la grippe (chez les personnes de plus de 65 ans) sont entièrement remboursés par l'Assurance maladie pour favoriser la vaccination contre ces maladies. Pour les autres vaccins (coqueluche, diphtérie, hépatite B, Hib, infections à pneumocoque, poliomyélite, tétanos, tuberculose et varicelle), la prise en charge par l'Assurance maladie est de 65 % (le reste étant généralement remboursé par les assurances santé complémentaires comme les mutuelles). A noter que l'acte de vaccination lui-même (la consultation et l'injection) est remboursé à 100 % par l'Assurance maladie. Chez les enfants, les centres de la PMI (Protection maternelle et infantile) vaccinent gratuitement sans que les parents aient à apporter le vaccin avec eux.

   

Le vaccin co

ntre la diphtérie

La diphtérie est une maladie extrêmement contagieuse dont les conséquences peuvent être dramatiques. Elle a longtemps été un fléau dans les pays occidentaux. En France, la vaccination systématique a permis d'éradiquer cette maladie.

 

Qu'est-ce que la diphtérie ?

La diphtérie est due à une bactérie qui se transmet par les gouttelettes de salive émises lorsqu'un malade parle, tousse ou crache, mais également par l'intermédiaire d'objets ou d'aliments contaminés (le bacille peut résister plusieurs mois dans le milieu extérieur). Certaines personnes sont porteuses de cette bactérie sans développer de symptômes et contribuent à sa dissémination.

Après la contamination, le bacille diphtérique provoque la formation de membranes dans la gorge et le larynx, rendant la respiration difficile voire impossible. Les symptômes sont semblables à ceux d'une angine très douloureuse avec une fièvre modérée, des ganglions gonflés et une grande fatigue. Le bacille produit également une toxine responsable de paralysies du voile du palais et de troubles cardiaques. Chez le nourrisson, les symptômes évoquent plutôt un rhinopharyngite touchant une seule narine. La diphtérie est mortelle dans 10 % des cas, souvent en association avec un autre micro-organisme (streptocoques ou pneumocoques). Une fois la maladie diagnostiquée, il est important d'agir au plus vite : un sérum antidiphtérique et des antibiotiques permettent de supprimer la contagiosité en vingt-quatre heures. Le malade doit être isolé, et les objets qu'il a touchés désinfectés.

 

Que penser de la vaccination contre la diphtérie ?

Le vaccin antidiphtérique est très efficace et sans risque. Il est généralement associé aux vaccins contre le tétanos et la poliomyélite (vaccin DTP), voire la coqueluche (DTCP) et l'infection à Hæmophilus. En France, la généralisation de la vaccination contre la diphtérie a permis d'éradiquer cette maladie en près de soixante-dix ans. Néanmoins, la diphtérie sévit toujours dans de nombreux pays et, en Europe, des épidémies ressurgissent régulièrement dans les pays de l'ancien bloc soviétique. Compte tenu de la contagiosité et de la gravité de la diphtérie, il est important de continuer à vacciner systématiquement les enfants contre cette maladie.

 

Quand vacciner contre le tétanos, la diphtérie et la poliomyélite (DTP) ?

La vaccination DTP (diphtérie - tétanos - poliomyélite) est obligatoire en France. Il est recommandé de commencer la vaccination à partir de l'âge de deux mois, avec trois doses successives espacées de un mois. Un premier rappel est effectué un an après la troisième dose, soit vers 16 à 18 mois, puis d'autres rappels sont recommandés à six ans, entre onze et treize ans, entre seize et dix-huit ans, et tous les dix ans chez les adultes. A partir de seize ans, on conseille un rappel tous les dix ans avec un vaccin contenant une dose très réduite d'anatoxine diphtérique (la substance immunisant contre la diphtérie), ce qui permet de réduire le risque de réaction allergique possible chez l'adulte. Ce vaccin « allégé » (dTP) peut être utilisé dès l'âge de six ans, en cas de pénurie de vaccin DTP.

Le vaccin DTP pour les nouveaux-nés peut être associé aux vaccins contre la coqueluche, le Hib et l'hépatite B. Ces formes combinées de vaccins permettent de limiter le nombre d'injections.

   

Le vaccin contre le tétanos

Le tétanos est une maladie mortelle qui a presque disparu en France grâce à la vaccination. Néanmoins, une trentaine de cas sont encore recensés chaque année, tous liés à l'absence de rappels de vaccination. Ces cas, parfois mortels, auraient pu être prévenus par le respect du calendrier de vaccination.

 

Qu'est-ce que le tétanos ?

Le tétanos est une infection bactérienne due à un micro-organisme présent dans les déjections animales (chevaux et bovins en particulier) et qui survit très longtemps dans la terre. On le trouve notamment dans le sol, l'herbe, le foin, le bois et les poussières d'étable. La contamination se fait habituellement par une plaie souillée de terre (échardes, plaies ou égratignures de jardinage, par exemple). Au bout de quelques jours ou quelques semaines (la plaie est alors cicatrisée), la personne atteinte ressent des maux de tête, des frissons et de la fatigue. La bactérie, restée dans la plaie cicatrisée, se multiplie peu mais sécrète une toxine qui s'attaque au système nerveux, provoquant des contractures musculaires douloureuses qui débutent souvent au niveau des mâchoires ainsi que des crises de spasmes. Petit à petit, l'ensemble du corps est touché et le patient se paralyse tout en restant conscient. Un très long séjour en réanimation est alors nécessaire. La personne y est placée au calme et dans l'obscurité et elle reçoit des médicaments tranquillisants. Parfois, la mise en place d'un appareil de respiration assistée est nécessaire. Néanmoins, l'issue de la maladie reste toujours incertaine : le tétanos est mortel dans plus de 20 % des cas et laisse des séquelles dans plus de 10 % des cas.

 

Que penser de la vaccination contre le tétanos ?

La vaccination contre le tétanos est indispensable et ne devrait jamais être négligée, pour les enfants comme pour les adultes. Le vaccin est efficace et, chez l'adulte, un rappel tous les dix ans suffit. Pourtant, on estime qu'un tiers au moins des Français ne serait pas à jour dans leur vaccination antitétanique ! Il est donc essentiel de respecter le calendrier de vaccination. Le vaccin antitétanique est généralement associé aux vaccins contre la diphtérie et la poliomyélite (DTP), voire contre la coqueluche (DTCP) et les infections à Hæmophilus chez les enfants. Ce vaccin est également utilisé en prévention, seul ou accompagné d'anticorps contre le tétanos, lorsqu'une personne dont les vaccins ne sont pas à jour présente une plaie souillée, quelle qu'en soit la cause.

Le calendrier de la vaccination contre le tétanos est indiqué ci-dessus (voir Vaccin contre la diphtérie).

   

Le vaccin contre la poliomyélite

La poliomyélite est une infection virale d'une partie de la moelle épinière. Véritable fléau responsable de très nombreux handicaps moteurs, cette maladie a presque été éradiquée des pays industrialisés par la vaccination. Pour maintenir ce succès, le vaccin reste nécessaire chez l'enfant comme chez l'adulte.

 

Qu'est-ce que la poliomyélite ?

La poliomyélite est due à un virus qui se multiplie dans les selles des personnes infectées. La contamination se fait par la bouche à partir d'eau ou d'aliments contaminés. De l'intestin, le virus passe dans le sang puis dans la moelle épinière où il va provoquer une inflammation plus ou moins sévère et de durée variable. Au bout de quelques jours, la personne contaminée développe des symptômes semblables à ceux de la grippe (fièvre et courbatures) associés à des vomissements et à de violentes douleurs dans les reins et le dos. Lorsque les paralysies apparaissent (dans environ quatre cas sur mille), elles touchent le plus souvent les jambes et tendent à remonter progressivement le long du corps jusqu'à, parfois, empêcher la respiration. La guérison est soit rapide, soit très lente avec d'importantes séquelles pouvant aller jusqu'à la paralysie permanente.

 

Que penser de la vaccination contre la poliomyélite ?

La vaccination contre la poliomyélite est très efficace et entraîne peu d'effets indésirables (douleur au point d'injection, par exemple). Pour cette raison, et considérant la gravité de la maladie, il est important de respecter le calendrier de vaccination, chez l'enfant comme chez l'adulte. Aujourd'hui, le vaccin par injection à base de virus tué a remplacé le vaccin par la bouche à base de virus atténué. Il est associé aux vaccins contre la diphtérie et le tétanos dans un vaccin combiné, le vaccin DTP. Si la poliomyélite a disparu en France, elle reste présente dans de nombreuses régions du monde. La vaccination systématique est donc toujours aussi indispensable.

Le calendrier de la vaccination contre la poliomyélite est indiqué ci-dessus (voir Vaccin contre la diphtérie).

   

Les vaccins contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR)

Des vaccins ont été développés contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. Même si ces maladies sont habituellement bénignes chez l'enfant, la vaccination permet d'éviter leurs complications qui, elles, peuvent être graves.

 

La vaccination contre la rougeole

La rougeole s'était faite de plus en plus rare en France, grâce à la vaccination devenue presque systématique sur le territoire. Néanmoins, des signes évoquant un retour de cette maladie ont récemment été observés. Le vaccin et le respect du calendrier de vaccination restent les meilleurs moyens de prévenir la maladie et ses complications sévères. Le vaccin contre la rougeole est très efficace et ses effets indésirables restent minimes (fièvre, rougeurs, etc.). Il est associé aux vaccins contre les oreillons et la rubéole, pour former le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole).

 

La vaccination contre les oreillons

Les oreillons sont une maladie bénigne, mais dont les complications sévères (surdité, stérilité) justifient la généralisation de la vaccination. Le vaccin antioreillons est très efficace et bien toléré ; il fait partie du vaccin ROR.

 

La vaccination contre la rubéole

La généralisation de la vaccination contre la rubéole, pourtant bénigne chez l'enfant, se justifie par le risque que fait courir la maladie à la femme enceinte et au foetus. Le vaccin antirubéole est efficace et bien toléré, c'est un des composants du vaccin ROR.

 

Quand vacciner contre la rougeole, les oreillons et la rubéole ?

Le vaccin ROR n'est pas obligatoire, mais vivement conseillé. Il est remboursé totalement par l'Assurance maladie. Il est recommandé de faire vacciner son enfant à un an. La vaccination complète comprend deux doses : une première injectée à l'âge de douze mois et une seconde injectée au moins un mois après la première et avant l'âge de vingt-quatre mois, si possible. On peut effectuer la vaccination avant douze mois pour les nourrissons qui vont entrer en collectivité, avec une première dose à neuf mois et une seconde entre douze et quinze mois.

En raison de la réapparition de cas de rougeole en France, les recommandations concernant la vaccination ont été revues en 2009. Elles visent à offrir une meilleure couverture vaccinale :

  • tous les enfants nés après 1992 et de plus de deux ans doivent avoir reçu deux doses de vaccin ROR à au moins un mois d'intervalle ;
  • les jeunes adultes âgés de moins de 29 ans n'ayant jamais été vaccinés peuvent être vaccinés avec une dose de vaccin ROR ;
  • en ce qui concerne la rubéole, les jeunes femmes en âge de procréer et qui n'ont jamais eu cette maladie ni été vaccinées, doivent être vaccinées avec une dose de vaccin ROR, et non plus avec le vaccin antirubéoleux seul.
   

Le vaccin contre la coqueluche

La généralisation de la vaccination contre la coqueluche a entraîné une chute importante du nombre de cas depuis les années 1960. Néanmoins, depuis les années 1990, on observe une recrudescence de la maladie. En effet, à l'inverse de nombreuses maladies infantiles, il est possible d'avoir plusieurs fois la coqueluche. De plus, si le vaccin est efficace, l'immunité obtenue ne dure qu'une dizaine d'années. Ainsi, les adultes et les adolescents qui ont perdu leur immunité peuvent être atteints et contaminer les nourrissons non encore protégés par la vaccination. Les autorités sanitaires recommandent un rappel du vaccin contre la coqueluche chez les adultes n'ayant pas reçu de vaccination contre cette maladie au cours des dix dernières années, notamment à l'occasion du rappel diphtérie - tétanos - poliomyélite vers 26 - 28 ans. Le vaccin de la coqueluche est associé au vaccin DTP (diphtérie - tétanos - poliomyélite) et constitue ainsi le vaccin DTCP.

 

Quand vacciner contre la coqueluche ?

La vaccination contre la coqueluche n'est pas obligatoire, mais fortement recommandée. Le vaccin contre la coqueluche contient des antigènes immunisants (vaccin dit acellulaire). Il est toujours combiné au vaccin DTP.

La vaccination comporte trois injections de vaccin à l'âge de deux, trois et quatre mois, avec un rappel entre seize et dix huit mois. Un deuxième rappel est préconisé entre onze et treize ans. En cas d'oubli de ce deuxième rappel, une injection de rattrapage peut être proposée à l'âge de seize à dix-huit ans.

A l'âge adulte, un rappel est recommandé pour certains professionnels de santé, pour les jeunes adultes entre 26 et 28 ans, et pour les adultes qui souhaitent devenir parents, s'ils s'ont pas reçu de rappel anticoquelucheux depuis dix ans. Chez l'adulte, un délai minimal de deux ans doit être respecté entre l'administration d'un vaccin DTP / coqueluche et celle d'un vaccin DTP sans antigène de la coqueluche.

   

Le vaccin contre Hæmophilus (Hib)

La bactérie Hæmophilus influenzae de type B (Hib) était, il y a encore quelques années, la principale cause de méningite bactérienne chez l'enfant de moins de cinq ans. Grâce à la vaccination, cette maladie grave est devenue très rare.

 

Qu'est-ce que l'infection à Hib ?

L'Hib est une bactérie transmise par les gouttelettes de salive des personnes infectées. Les enfants de moins de cinq ans sont les cibles privilégiées de cette bactérie. Chaque année en France, l'infection à Hib touche environ mille enfants, provoquant des symptômes graves : méningites, infections des articulations et des poumons, etc. Plus de la moitié de ces infections sont des méningites aux séquelles parfois lourdes (10 à 15 % de surdité). Ces infections sont difficiles à soigner avec des antibiotiques, les bactéries responsables devenant de plus en plus résistantes. La guérison complète peut demander plusieurs semaines voire plusieurs mois.

 

Que penser du vaccin ?

La généralisation de la vaccination contre les infections à Hib a permis de diviser par dix le nombre de méningites bactériennes chez les enfants de moins de cinq ans. La vaccination anti-Hib est recommandée, mais pas obligatoire. Elle est souvent associée aux vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche et, éventuellement, l'hépatite B. La très bonne efficacité du vaccin et la gravité des complications de cette infection justifient la généralisation de la vaccination à tous les enfants.

 

Quand vacciner contre l'Hib ?

Le vaccin contre le Hib est recommandé pour tous les nourrissons. Il est habituellement administré en même que le vaccin DTP, sous forme combinée : trois injections à un mois d'intervalle à partir de l'âge de deux mois, puis un rappel entre seize et dix-huit mois. La vaccination des enfants de plus de cinq ans n'est pas nécessaire.

   

Le vaccin contre les infections à pneumocoques

Le vaccin contre les infections à pneumocoques, responsables de méningites et d'infections généralisées, est efficace contre sept sortes de pneumocoques ; il est dit heptavalent. Cela correspond à environ 85 % des pneumocoques responsables des infections graves chez l'enfant. Depuis juin 2006, ce vaccin est recommandé à tous les nourrissons de plus de deux mois. Sa très bonne efficacité et la gravité des complications de cette infection justifient une large couverture par ce vaccin. Dans les pays qui la pratiquent, la généralisation de cette vaccination a permis de réduire drastiquement le nombre de méningites bactériennes et de pneumonies à pneumocoque chez les enfants.

 

Quand vacciner contre les infections à pneumocoques ?

Il est recommandé de vacciner les nourrissons contre les infections à pneumocoques dès l'âge de deux mois et jusqu'à deux ans.

Un nouveau schéma de vaccination est préconisé en 2009 :

  • pour les enfants de deux à six mois : une première injection a lieu dès deux mois, suivie d'une injection à quatre mois. Enfin, un rappel est administré à douze mois, généralement en même temps que l'injection du ROR.
  • pour les enfants de sept à onze mois non vaccinés : deux injections à deux mois d'intervalle, suivies d'un rappel un an après.
  • pour les enfants de douze à 23 mois non vaccinés : deux injections à au moins deux mois d'intervalle.

Pour les enfants de deux à cinq ans non encore vaccinés et qui ont une maladie qui les expose à un risque d'infection grave par un pneumocoque, il est recommandé de les vacciner en pratiquant deux injections à deux mois d'intervalle, puis une injection du vaccin particulier dit polysidique 23-valent.

Chez l'enfant de plus de cinq ans et l'adulte, une vaccination contre les pneumocoques (avec le vaccin polysidique 23-valent) est recommandée tous les cinq ans pour les sujets à qui on a enlevé la rate, ceux souffrant de drépanocytose, les patients atteints d'insuffisance rénale ou respiratoire, les patients alcooliques avec une maladie chronique du foie, les insuffisants cardiaques et les sujets ayant des antécédents d'infection due à des pneumocoques.

   

Le vaccin contre l'hépatite B

En France, le nombre de cas d'hépatite B, une des hépatites virales, a doublé en dix ans : aujourd'hui, 300 000 personnes sont atteintes par la maladie. Cette infection devient chronique et entraîne des troubles graves du foie dans 10 % des cas chez les adultes et dans 90 % des cas chez les enfants. Il existe un vaccin efficace, dont l'image a été ternie par une polémique au sujet de son innocuité.

 

Qu'est-ce que l'hépatite B ?

L'hépatite B est due à un virus qui se transmet principalement par voie sexuelle ou sanguine, par l'intermédiaire des sécrétions ou liquides corporels (sang, sperme, sécrétions vaginales, salive et liquides issus d'une plaie), mais aussi de la mère à l'enfant pendant l'accouchement ou lors de l'allaitement. Une fois dans l'organisme, le virus incube silencieusement pendant deux à six mois. Dans 20 % des cas, des symptômes apparaissent : fièvre, fatigue prolongée, anorexie, douleur au foie, nausées et jaunisse (ictère). Dans les autres cas, il n'y a pas de symptômes. Lorsque cette infection devient chronique, le virus s'attaque aux cellules du foie en provoquant des dommages sérieux (dégénérescence et cancer). Des traitements antiviraux existent désormais pour traiter les personnes souffrant d'hépatite B chronique, mais ils ne sont pas toujours efficaces.

La prévention de l'hépatite B passe par plusieurs méthodes : vaccination, utilisation systématique de préservatifs, seringues et matériel médical à usage unique, stérilisation du matériel médical, des aiguilles à tatouer et du matériel de piercing, etc.

 

Que penser du vaccin contre l'hépatite B ?

Le vaccin de l'hépatite B est très efficace, en particulier chez les jeunes enfants. Dans les années 1990, une campagne de vaccination systématique des enfants a été lancée. À la suite de celle-ci, ce vaccin a été incriminé dans l'apparition de cas de sclérose en plaques (une maladie dégénérative des nerfs) chez de jeunes adultes. Même si les études menées par la suite semblent disculper le vaccin, les Français restent méfiants à son propos et la France a la plus mauvaise couverture vaccinale des pays industrialisés.

 

Quand vacciner contre l'hépatite B ?

La vaccination contre l'hépatite B est recommandée pour tous les enfants de moins de quinze ans, de préférence dès les premiers mois de leur vie. La vaccination complète s'effectue en trois injections, les deux premières à au moins un mois d'intervalle, la dernière cinq à douze mois plus tard.

Lorsque le vaccin contre l'hépatite B est combiné avec le vaccin DTP. Le schéma proposé est : une injection à deux mois, une injection à quatre mois, et une injection entre seize et dix-huit mois.

Pour les adolescents entre 11 et 15 ans qui n'ont pas été vaccinés dans la petite enfance, une vaccination complète peut toujours être effectuée en trois injections (schéma classique) ou, avec certains vaccins, en deux injections espacées d'au moins six mois.

Une vaccination précoce peut être pratiquée sur les enfants de mères infectées par le virus de l'hépatite B, avec une dose de vaccin et d'immunoglobulines antihépatite B dans les vingt-quatre heures après la naissance, puis avec deux doses à un, puis six mois. Des prises de sang sont effectuées à sept et douze mois pour vérifier l'immunité.

La vaccination contre l'hépatite B est obligatoire pour certains professionnels de santé. Elle reste recommandée aux personnes ayant des comportements à risque (partenaires sexuels multiples, usagers de drogues par voie intraveineuse) ainsi qu'aux personnes incarcérées, sans domicile fixe, originaires d'Afrique subsaharienne, etc.

   

Le vaccin BCG (contre la tuberculose)

La tuberculose est une des maladies infectieuses des plus meurtrières, avec plus de deux millions de morts chaque année. L'Afrique et l'Asie du Sud-est sont les plus touchées et les pays industrialisés ne sont pas épargnés. En France, le nombre de nouveaux cas s'élève à environ 6 700 chaque année, entraînant près de 700 décès.

 

Qu'est-ce que la tuberculose ?

La tuberculose est une infection due à une bactérie très résistante, le bacille de Koch. La contamination a lieu lors de contacts répétés avec une source de bacilles, un environnement contaminé ou une personne malade. La maladie évolue différemment selon les cas. Le plus souvent, dans les pays industrialisés, il s'agit d'une infection (une « primo-infection » qui guérit spontanément) et permet de développer une immunité. Mais le bacille de Koch peut parfois échapper au système immunitaire. La bactérie peut alors infecter divers organes, les poumons, les reins, les os, le cerveau, etc. Il existe plusieurs facteurs aggravants : l'alcoolisme, la dénutrition, un déficit immunitaire lié à une maladie (sida, cancer, par exemple) ou à un traitement (chimiothérapie). Les malades atteints de tuberculose doivent subir de très longs traitements antibiotiques pouvant durer plusieurs années. Certaines populations sont plus touchées, celles des immigrants, des sans-logis, des toxicomanes ou des détenus, par exemple.

 

Que penser du vaccin BCG ?

En France, la prévention de la tuberculose reposait sur la vaccination par le BCG. Ce vaccin doit ses initiales au bacille de Calmette et Guérin, un bacille tuberculeux rendu inoffensif qui permet de stimuler sans danger l'immunité. Néanmoins, son efficacité n'est pas totale et il évite surtout les formes sévères de la maladie chez l'enfant (en particulier les méningites). Depuis le 11 juillet 2007, l'obligation de vaccination par le BCG chez l'enfant et l'adolescent est suspendue au profit d'une recommandation forte de vaccination des enfants les plus exposés à la tuberculose, c'est-à-dire ceux qui répondent au moins à l'un des critères suivants :

  • enfant né dans un pays où la tuberculose est répandue ;
  • enfant dont au moins l'un des parents est originaire de l'un de ces pays ;
  • enfant devant séjourner au moins un mois d'affilée dans l'un de ces pays ;
  • enfant ayant des antécédents familiaux de tuberculose (parents ou frères et soeurs) ;
  • enfant résidant en Ile-de-France ou en Guyane ;
  • enfant dans toute situation jugée par le médecin à risque d'exposition au bacille tuberculeux notamment les enfants vivant dans des conditions de logement défavorables (habitat précaire ou surpeuplé) ou des conditions socio-économiques précaires, ainsi que ceux en contact régulier avec des adultes originaires d'un pays où la tuberculose est répandue.

Lorsqu'elle est nécessaire, la vaccination par le BCG doit être réalisée de façon précoce, si possible à la naissance ou au cours du premier mois de la vie. Si la vaccination est pratiquée après l'âge de trois mois, une intradermoréaction (IDR) à la tuberculine préalable à la vaccination doit être réalisée afin de rechercher une éventuelle contamination après la naissance. La revaccination ainsi que les tests tuberculiniques systématiques de contrôle n'ont plus lieu d'être pratiqués (arrêté du 13 juillet 2004).

   

Le vaccin contre le papillomavirus (cancer du col)

Chaque année, en France, le cancer du col de l'utérus touche environ 4 000 femmes et entraîne un millier de décès. L'arrivée de vaccins et de nouvelles méthodes de dépistage pourrait aboutir à son éradication.

 

Un cancer d'origine virale

Le cancer du col de l'utérus présente la particularité d'être provoqué par une famille de virus, les papillomavirus humains (HPV), qui sont transmis au cours des relations sexuelles. Les femmes qui ont débuté leur vie sexuelle très jeunes et celles qui ont eu de nombreux partenaires sexuels présentent un risque plus élevé de contamination par ces virus. Le tabagisme, l'âge et la pilule favorisent ensuite l'apparition du cancer du col à partir des lésions produites par les virus.

 

Une prévention fondée sur le dépistage

Aujourd'hui, le dépistage du cancer du col de l'utérus repose sur le frottis vaginal qui recherche des transformations cellulaires précancéreuses dues aux HPV. Il est recommandé de faire un frottis tous les deux ou trois ans dès le début de la vie sexuelle. Grâce aux frottis, la mortalité par cancer du col de l'utérus a considérablement diminuée en France. Néanmoins, ce test manque de sensibilité et 30 % des femmes qui présentent des lésions précancéreuses ne sont pas identifiées par le frottis.

De nouveaux tests de dépistage, recherchant directement la présence du virus sont disponibles. Ces tests permettent d'identifier les femmes chroniquement infectées par les HPV avant l'apparition de lésions cellulaires (en France, une femme adulte sur dix est porteuse d'HPV). Ces personnes à risque augmenté peuvent alors être suivies de manière approfondie avec des examens plus sensibles que le frottis.

 

Les vaccins contre le HPV

Deux vaccins efficaces contre certains types d'HPV liés au cancer du col sont commercialisés en France. Ces vaccins sont recommandés pour toutes les jeunes filles de 14 à 23 ans avant leur première expérience sexuelle ou dans l'année qui suit celle-ci. On ignore encore s'ils peuvent contribuer à la prévention du cancer du col chez les femmes déjà infectées par les HPV. Ces vaccins sont administrés en trois injections et provoquent une immunité qui persiste au moins quatre ans. Néanmoins, ces vaccins protègent contre seulement certains types d'HPV (responsables d'environ 70 % des cancers du col) et le dépistage, même de manière moins fréquente, reste indispensable. L'effet de ces vaccins sur la mortalité sera particulièrement sensible dans les pays en voie de développement où la pratique de frottis réguliers n'est pas réalisable.

Quand vacciner contre les infections à papillomavirus ?

La vaccination contre le papillomavirus humain est désormais recommandée pour toutes les jeunes filles de quatorze ans, afin de leur assurer une protection avant le début de leur vie sexuelle. Elle peut être pratiquée entre quinze et vingt-trois ans chez les jeunes filles qui n'auraient pas encore eu de rapports sexuels, ou au plus tard, durant l'année suivant le début de leur activité sexuelle. La vaccination complète comprend trois injections.

   

Les autres vaccins chez les enfants

Au-delà des vaccinations classiques, d'autres vaccins peuvent être recommandés chez certains enfants à risque. Si c'est le cas de votre enfant, son médecin traitant vous en informera, ainsi que du calendrier de vaccination à suivre.

 

Le vaccin contre la grippe

Le vaccin contre la grippe est proposé aux enfants de plus de un an qui présentent une maladie spécifique : diabète, insuffisance cardiaque grave, insuffisance respiratoire chronique grave, formes graves des maladies nerveuses et musculaires (comme la myopathie, par exemple), épilepsie grave, déficit immunitaire grave, infection par le VIH-sida, insuffisance rénale chronique grave, maladies du sang, mucoviscidose, etc. Le vaccin est également recommandé aux adultes présentant ce type de maladie, ainsi qu'aux personnes âgées de plus de soixante-cinq ans. Il doit être renouvelé tous les ans. Dans tous ces cas, le coût du vaccin est entièrement pris en charge par l'Assurance maladie.

 

Le vaccin contre la varicelle

Le vaccin contre la varicelle est recommandé chez les enfants sous traitement au long cours à base de cortisone, ainsi que chez les enfants qui n'ont jamais eu la varicelle et qui sont en attente d'une greffe d'organe. La généralisation de ce vaccin à l'ensemble des enfants est actuellement à l'étude. Le vaccin contre la varicelle est recommandé chez les adultes qui n'ont jamais eu cette maladie, après un contact avec un patient atteint. En effet, la varicelle est plus grave chez l'adulte que chez l'enfant.

 

Le vaccin contre l'hépatite A

Le vaccin contre l'hépatite A est recommandé aux enfants porteurs d'une maladie chronique du foie et aux enfants voyageant dans des zones où sévit cette maladie. D'autres vaccins peuvent également être recommandés aux enfants qui voyagent.

 

Le vaccin contre les méningites à méningocoques

Le vaccin contre les méningites à méningocoques est efficace contre l'un des deux types de bactéries à l'origine de ces maladies en France. Il est utilisé pour vacciner l'entourage des enfants atteints et, de manière plus généralisée, lorsque plusieurs cas de méningite ont été signalés dans une région. En dehors de ces cas particuliers, cette vaccination n'est pas systématiquement proposée. Un vaccin particulier contre les méningites est administré aux enfants qui partent vivre en Afrique.