Herpès génital
L'herpès génital est une infection sexuellement transmissible chronique, le plus souvent due à un virus voisin de celui qui provoque l'herpès du visage et de la bouche (« bouton de fièvre »). Une fois la personne infectée, des crises d'herpès génital peuvent survenir tout au long de la vie. Les traitements sont efficaces pour soulager les crises mais la personne continuera à héberger le virus de l'herpès génital toute sa vie.
Date : 02-11-2010
Qui est touché par l'herpès génital ?
En France, on estime que 270 000 personnes souffrent de crises d'herpès génital chaque année, avec environ 36 000 nouveaux cas diagnostiqués par an. Les femmes sont plus touchées que les hommes par cette maladie (17 % des femmes adultes contre 14 % des hommes adultes). En effet, le risque de transmission du virus de l'herpès génital est quatre fois plus élevé lorsque le partenaire contaminant est un homme.
On estime que 60 % des personnes infectées par le virus de l'herpès génital n'en ont pas conscience, soit par absence de symptômes, soit par confusion avec d'autres infections de la peau.
Les personnes qui ont de nombreux partenaires sexuels et celles dont le système immunitaire est affaibli (chimiothérapie anticancéreuse, VIH/sida, personnes greffées, etc.) sont plus à risque d'être infectées par le virus de l'herpès génital.
Quels sont les symptômes de l'herpès génital ?
Une à trois semaines après avoir été infectée par le virus de l'herpès, une personne développe des symptômes souvent importants, la « primo-infection ». Une fois celle-ci guérie, des crises d'herpès (les « poussées ») peuvent survenir à tout moment.
Les symptômes de la primo-infection d'herpès génital
Les symptômes de la primo-infection chez les hommes
Chez l'homme, la primo-infection d'herpès génital se traduit par une inflammation du gland, du prépuce, de l'urètre ou de l'anus, avec des démangeaisons et une sensation fugace de brûlure.
Un à deux jours après le début de ces symptômes, de petites vésicules (de toutes petites bulles de liquide clair) apparaissent là où se trouvaient les démangeaisons. Ces vésicules éclatent pour laisser place à de petites plaies et, rapidement, des croûtes. Les ganglions de l'aine sont gonflés et douloureux. Les symptômes disparaissent en une huitaine de jours.
Les symptômes de la primo-infection chez les femmes
Chez la femme, la primo-infection d'herpès génital est généralement plus sévère que chez l'homme. Des lésions similaires à celles observées chez les hommes se trouvent sur la vulve, les parois du vagin, le col de l'utérus ou l'anus.
Fréquemment, ces symptômes s'accompagnent de fièvre et de fatigue.
Les symptômes des poussées d'herpès génital
Les poussées d'herpès génital ressemblent aux symptômes de la primo-infection, mais d'une moindre sévérité. Aux démangeaisons et picotements succède l'apparition de vésicules, puis de suintements formant des croûtes.
Les lésions guérissent habituellement en une semaine, plus rapidement si un traitement médicamenteux est mis en place.
Quelle est l'évolution de l'herpès génital ?
Après la primo-infection, environ 20 % des personnes infectées par le virus de l'herpès génital ne présentent aucun symptôme. Chez les autres personnes, des poussées apparaissent, avec une fréquence très variable selon la personne : d'une à deux fois par an, jusqu'à plus de dix fois par an chez certains patients. Plusieurs années peuvent s'écouler entre deux poussées d'herpès génital. En général, le rythme des poussées d'herpès génital diminue avec les années.
Quelles sont les complications de l'herpès génital ?
Dans certains cas, l'herpès génital peut provoquer des complications mais celles-ci restent plutôt rares. Par exemple, une poussée d'herpès dans l'urètre peut bloquer le passage de l'urine. Chez certaines personnes, les poussées d'herpès génital peuvent être suivies de l'apparition de plaques rouges sur la peau (l'érythème polymorphe post-herpétique). Ces plaques ne contiennent pas de virus et ne sont pas contagieuses. Elles disparaissent en deux à trois semaines. Chez certaines personnes, la primo-infection de l'herpès génital peut se compliquer d'infection de l'?il ou du cerveau (méningite ou encéphalite).
Lors de poussée, l'herpès génital expose également à un risque accru d'infection par le VIH/sida.
| Herpès génital et grossesse |
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| Chez la femme enceinte, l'herpès génital ne pose problème que si des lésions sont présentes sur les organes génitaux au moment de l'accouchement, ou si la mère fait une primo-infection herpétique pendant le dernier mois de la grossesse. La prévention de la transmission du virus de l'herpès génital au nouveau-né passe par un traitement antiviral de la mère et, éventuellement, un accouchement par césarienne pour éviter que le nouveau-né entre en contact avec des lésions d'herpès. Après la naissance, une recherche de virus est faite à partir de prélèvements dans les yeux et la gorge du nouveau-né. Si le virus de l'herpès est détecté, un traitement est immédiatement mis en place pour éviter les complications de cette infection. |
Quelles sont les causes de l'herpès génital ?
L'herpès génital est dû à un virus, le plus souvent le virus de l'herpès simplex 2 (HSV-2). Ce virus est différent de celui qui provoque l'herpès du visage et de la bouche (l'HSV-1). Cependant, dans certains cas, l'herpès génital peut être dû à l'HSV-1 (mais il est rarissime que l'herpès du visage soit dû à l'HSV-2). Cela semble être le cas chez 20 % des femmes et 9 % des hommes souffrant d'herpès génital. L'herpès génital dû à l'HSV-1 semble provoquer des crises moins sévères et moins fréquentes que l'herpès génital dû à l'HSV-2.
Pendant la primo-infection, le virus remonte le long des nerfs depuis les organes génitaux jusqu'aux ganglions nerveux situés au bas du dos. Il reste dans ces ganglions entre les poussées ce qui explique la nature chronique de l'herpès génital.
Qu'est-ce qui déclenche une poussée d'herpès génital ?
Divers facteurs peuvent déclencher une poussée d'herpès génital : la fatigue, le stress, la fièvre, les règles, les rapports sexuels, les rayons ultra-violets naturels ou artificiels, l'irritation des zones génitales, les traitements à la cortisone ou les chimiothérapies, etc.
Chez certaines personnes, le décalage horaire ou l'excès de boissons alcoolisées peuvent également déclencher des poussées d'herpès génital.
Comment diagnostique-t-on l'herpès génital ?
Le diagnostic d'herpès génital s'obtient sur un prélèvement fait à partir des lésions (avec une sorte de coton-tige). Si l'herpès est confirmé, le médecin peut également rechercher la présence d'autres infections sexuellement transmissibles (VIH/sida, hépatites, chlamydies, etc.) chez le patient, ainsi que celle d'herpès génital chez son partenaire.
Peut-on prévenir l'herpès génital ?
La prévention de l'herpès génital repose sur plusieurs types de mesures.
La prévention chez les personnes non infectées
Les personnes qui ne souffrent pas d'herpès génital peuvent se protéger en utilisant systématiquement des préservatifs lors des rapports sexuels (y compris pour la fellation et le cunnilingus). Néanmoins, le préservatif n'offre pas une protection absolue. En effet, les lésions d'herpès génital peuvent se situer à des endroits non protégés par le préservatif. La contamination peut également se faire par des doigts souillés : il est donc préférable de se laver les mains après des rapports sexuels.
La prévention chez les personnes infectées par l'herpès génital
Les personnes infectées peuvent protéger leur partenaire en s'abstenant de rapports sexuels pendant les poussées d'herpès génital et en exigeant l'usage systématique du préservatif. De plus, elles doivent veiller à se laver les mains après avoir touché les lésions d'herpès.
Les personnes qui souffrent d'une poussée d'herpès génital doivent veiller à se laver les mains avant de s'occuper d'un bébé et éviter de partager leur linge de toilette avec eux.
| Est-on contagieux entre les poussées d'herpès génital ? |
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| Certaines personnes infectées par le virus de l'herpès génital (en particulier par le HSV-2) peuvent excréter du virus en l'absence de symptômes. Pendant ces périodes de production du virus, la personne est contagieuse sans présenter de signes visibles. Ces périodes semblent rares (un à deux jours tous les trois mois en moyenne) mais elles peuvent néanmoins suffire à contaminer un partenaire. Si vous craignez de transmettre le virus sans le savoir, parlez-en à votre médecin qui pourra évaluer le risque dans votre cas et prendre éventuellement les mesures appropriées. |
Comment soigne-t-on l'herpès génital ?
Le traitement de l'herpès génital repose sur l'utilisation de médicaments antiviraux spécifiques, l'aciclovir et le valaciclovir. Ces substances sont généralement administrées par la bouche, mais des traitements intraveineux sont parfois mis en place dans les cas les plus sévères.
À la différence de l'herpès du visage et de la bouche, les traitements antiviraux locaux (crème) ne sont pas utilisés dans le traitement de l'herpès génital.
La durée du traitement antiviral varie : dix jours lors de primo-infection, cinq jours pour les poussées. Si la fréquence des poussées d'herpès génital est telle qu'elle nuit à la qualité de vie du patient, un traitement de plusieurs mois peut être prescrit.
Il est préférable qu'une personne souffrant d'herpès génital dispose de traitement antiviral d'avance à son domicile ou sur son lieu de travail. En effet, un traitement antiviral mis en place dès les premiers symptômes (démangeaisons et picotements) semble plus efficace pour réduire la durée de la poussée d'herpès génital.
D'autres types de traitement peuvent parfois être prescrits : antalgiques (contre la douleur), antiseptiques doux, par exemple.
| Que faire pour soigner les lésions d'herpès génital ? |
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| Si vous présentez des lésions d'herpès génital, nettoyez-les avec de l'eau savonneuse ou un antiseptique doux, rincez-les abondamment et séchez-les en les tapotant avec des mouchoirs jetables. Lavez-vous les mains après avoir soigné vos lésions. |





