Prééclampsie
La prééclampsie est une maladie de la grossesse. Elle est causée par une malformation des vaisseaux sanguins du placenta et provoque une souffrance du f?tus et une hypertension artérielle chez la mère. Les complications de cette maladie peuvent être graves, notamment la crise d'éclampsie, et nécessitent l'hospitalisation de la patiente. En cas d'aggravation de l'état de santé de la mère ou du f?tus, l'accouchement est provoqué en urgence, parfois de manière précoce et le plus souvent par césarienne.
Date : 28-12-2011
Qu'est-ce que la prééclampsie ?
La prééclampsie est une maladie liée à la grossesse, dont elle est une complication sérieuse : elle met en danger la vie de la mère et du f?tus. Autrefois, la prééclampsie était appelée « toxémie gravidique ». Elle est caractérisée par la présence, chez la femme enceinte, d'une hypertension artérielle accompagnée d'?dèmes (des gonflements) et d'une perte de protéines dans les urines. La prééclampsie survient généralement pendant la seconde moitié de la grossesse, à partir de vingt semaines d'aménorrhée (depuis les dernières règles).
La prééclampsie tient son nom du fait qu'elle peut conduire à une crise d'éclampsie, une complication grave qui se traduit par des convulsions (comme une crise d'épilepsie). La prééclampsie peut avoir d'autres complications graves qui justifient parfois l'hospitalisation de la patiente jusqu'à la naissance.
La prééclampsie cesse avec la naissance de l'enfant et l'expulsion du placenta. Tous les traitements médicaux mis en ?uvre lors de prééclampsie servent à prolonger la grossesse jusqu'à un terme compatible avec la survie du f?tus. Après l'accouchement, les symptômes s'estompent en quelques jours.
L'hypertension artérielle gravidique
L'hypertension artérielle gravidique (« gravidique » signifie « liée à la grossesse ») se caractérise par une tension artérielle supérieure à 14/9 qui survient après vingt semaines d'aménorrhée chez une femme n'ayant jamais eu d'hypertension artérielle par le passé. Comme la prééclampsie, elle est causée par un défaut des vaisseaux sanguins du placenta. En revanche, dans le cas de l'hypertension artérielle gravidique, il n'y a pas ou peu de perte de protéines dans les urines. Sa présence ne suffit donc pas pour poser le diagnostic de prééclampsie. Néanmoins, les femmes enceintes hypertendues doivent être soumises à une surveillance régulière, pour s'assurer que leur hypertension n'évolue pas vers une prééclampsie.
L'hypertension artérielle gravidique, la prééclampsie et la crise d'éclampsie sont-elles des maladies fréquentes ?
L'hypertension artérielle de la femme enceinte est relativement fréquente : elle concerne plus ou moins 10 % des grossesses. Parmi elles, environ 10 % souffrent d'hypertension artérielle chronique pré-existante à la grossesse. Les autres 90 % présentent une hypertension artérielle liée à la grossesse (gravidique). Dans tous les cas, l'hypertension artérielle pendant la grossesse est susceptible d'évoluer en prééclampsie qui concerne environ 3 % des grossesses. La crise d'éclampsie est rare : elle est observée dans moins de 1 % des cas de prééclampsies.
Quels sont les symptômes de la prééclampsie et de la crise d'éclampsie ?
La prééclampsie ne provoque pas toujours de symptômes. L'hypertension artérielle, qui existe systématiquement en cas de prééclampsie, provoque des ?dèmes (gonflements) des mains, des pieds et du visage notamment, bien que leur seule présence ne prouve pas l'existence d'une prééclampsie (une analyse d'urines doit être réalisée pour rechercher la présence de protéines).
Lorsque la prééclampsie est sévère, la patiente peut également ressentir des symptômes tels que des maux de tête persistants, des bourdonnements d'oreille, voire des tâches noires ou lumineuses qui bougent (mouches volantes), ou encore ressentir une douleur forte juste en dessous des côtes, en particulier du côté droit. Une patiente qui ressent ces symptômes risque davantage de développer une crise d'éclampsie.
La crise d'éclampsie se déroule en quatre phases. Tout d'abord, la patiente roule des yeux tandis que les muscles de son visage et de ses mains se contractent légèrement. Ensuite, pendant environ trente secondes, ses muscles deviennent rigides : la patiente cesse de respirer et peut se mordre la langue en serrant les dents. Au terme de cette phase, la contraction cesse mais de violents spasmes musculaires se déclenchent : ce sont les convulsions, qui durent environ deux minutes. La dernière phase est un coma qui peut durer quelques minutes à plusieurs heures, et peut se compliquer d'un arrêt cardiaque.
Quelles peuvent être les complications d'une prééclampsie ?
En France, la prééclampsie et ses complications sont parmi les principales causes de décès maternel et f?tal. Lorsque la prééclampsie est sévère à un stade précoce de la grossesse (avant 26 semaines d'aménorrhée), une interruption médicale de grossesse peut être recommandée à la famille.
Les complications maternelles aiguës de la prééclampsie
Outre la crise d'éclampsie, la prééclampsie peut être à l'origine de nombreuses complications chez la femme enceinte.
L'hématome rétroplacentaire
L'hématome rétroplacentaire est un décollement prématuré du placenta provoquant un hématome (une poche de sang) entre le placenta et l'utérus. Ce décollement, douloureux, gêne, voire interrompt, les échanges sanguins entre la mère et le f?tus. Une césarienne doit être pratiquée en urgence.
Le syndrome HELLP
Le syndrome HELLP est une complication qui associe une destruction des globules rouges, des cellules hépatiques et des plaquettes sanguines. Dans ce cas, une césarienne doit également être pratiquée en urgence.
Les autres complications maternelles de la prééclampsie
D'autres complications maternelles de la prééclampsie peuvent survenir : coagulation du sang dans les petits vaisseaux sanguins (coagulation intravasculaire disséminée), insuffisance rénale aiguë, rupture hémorragique du foie, accident vasculaire cérébral, ?dème aigu du poumon, décollement de la rétine, par exemple.
Les complications f?tales de la prééclampsie
Le f?tus peut, lui aussi, souffrir de complications de la prééclampsie :
- retard de croissance pendant la grossesse ;
- souffrance aiguë lors d'un hématome rétroplacentaire ou d'une crise d'éclampsie ;
- prématurité, parfois extrême, et ses conséquences potentielles ;
- décès dans 2 à 5 % des cas (soit à cause du manque chronique d'oxygène et de nutriments, soit à la suite d'une complication aiguë).
Les causes de la prééclampsie
Quelles sont les causes de la prééclampsie ?
L'hypertension artérielle gravidique et la prééclampsie ne sont pas dues au stress ou à un excès de travail, mais à des anomalies de la formation des vaisseaux sanguins du placenta, l'organe qui permet les échanges entre la mère et le f?tus. Du fait de ces anomalies, celui-ci ne reçoit pas suffisamment de nutriments et d'oxygène et développe un retard de croissance. Chez la mère, le manque d'oxygénation du placenta peut avoir diverses conséquences : une hypertension artérielle gravidique, des lésions au niveau des vaisseaux des reins, du foie et du cerveau, ainsi que des troubles de la coagulation sanguine.
Existe-t-il des facteurs de risque de prééclampsie ?
La prééclampsie est plus fréquemment observée dans les cas suivants :
- première grossesse ;
- une faible exposition au sperme du père avant la grossesse (par exemple, du fait d'un changement récent de partenaire ou d'une contraception par préservatif) ; les spécialistes évoquent l'hypothèse d'une réaction immunitaire déclenchée par l'exposition aux antigènes du père de l'enfant ;
- antécédents de prééclampsie chez la patiente ou dans sa famille (mère, s?ur) ;
- maladie préexistante : obésité, hypertension artérielle chronique, maladie rénale chronique, syndrome des anticorps antiphospholipides, etc.
- grossesse chez une femme âgée de plus de 40 ans ;
- grossesse multiple.
Peut-on prévenir l'hypertension artérielle gravidique et la prééclampsie ?
La prévention de l'hypertension gravidique et de la prééclampsie réside avant tout dans la surveillance mensuelle de la femme enceinte : prise de la tension artérielle et test d'urines pour y chercher la présence de protéines, afin de mettre en ?uvre un traitement au plus vite le cas échéant.
Une femme qui a déjà souffert de prééclampsie a une chance sur quatre d'avoir à nouveau une prééclampsie lors d'une nouvelle grossesse. En prévention, son médecin peut lui prescrire de l'aspirine à faible dose dès la douzième semaine de cette nouvelle grossesse (attention, au cours de la grossesse, l'aspirine doit TOUJOURS être prise sous contrôle médical, et jamais avant la douzième semaine d'aménorrhée).
Lorsqu'une prééclampsie a été diagnostiquée, la prévention d'une éventuelle crise d'éclampsie consiste à prescrire un traitement antihypertenseur et anticonvulsivant.
Comment est réalisé le diagnostic de prééclampsie ?
Le diagnostic de prééclampsie est posé chez une patiente enceinte qui souffre à la fois d'une hypertension artérielle (tension artérielle supérieure à 14/9) et de présence de protéines dans ses urines.
La prééclampsie est dite « sévère » et justifie une hospitalisation lorsqu'il existe certains signes de gravité, qu'ils soient :
- physiques (par exemple, une tension artérielle supérieure à 16/11, une aggravation des ?dèmes ou une diminution de la quantité d'urine émise) ;
- biologiques (une augmentation de la quantité de protéines présentes dans les urines, une concentration sanguine d'urée élevée, des signes sanguins de souffrance du foie ou des reins, etc.) ;
- échographiques (un retard de croissance du f?tus, un volume de liquide amniotique insuffisant, une irrigation sanguine anormale des artères ombilicales ou cérébrales du f?tus, etc.).
Quels sont les traitements de l'hypertension artérielle gravidique et de la prééclampsie ?
L'hypertension artérielle gravidique et la prééclampsie cessent à la fin de la grossesse.
Les traitements de l'hypertension artérielle gravidique et de la prééclampsie
Pendant la grossesse, en cas d'hypertension artérielle gravidique ou de prééclampsie sans complication, la patiente peut rester à son domicile où elle doit rester couchée sur le côté gauche, afin de faciliter l'arrivée du sang au placenta. Elle reçoit également un traitement contre l'hypertension artérielle.
Les traitements de la prééclampsie sévère
En cas de prééclampsie sévère, la patiente est hospitalisée et doit rester couchée sur le côté gauche. Elle reçoit un traitement contre l'hypertension artérielle, voire un médicament pour prévenir les convulsions. Jusqu'à la 34e semaine d'aménorrhée, la patiente reçoit également des corticoïdes (dérivés de la cortisone) afin de favoriser la maturation des poumons du f?tus, ce qui est préférable en cas de naissance prématurée. Une césarienne est réalisée en urgence au moindre signe d'aggravation chez la mère ou le f?tus. En l'absence de signe de gravité qui obligerait à le réaliser plus tôt, l'accouchement est programmé à partir de la 36e semaines d'aménorrhée.
Les traitements de la crise d'éclampsie
Le traitement d'une crise d'éclampsie consiste à dégager les voies respiratoires pour éviter l'asphyxie, à administrer un médicament contre les convulsions, et à pratiquer une césarienne en urgence, dès la fin des convulsions.
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