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La prévention-santé en quelques mots

Aujourd'hui, il ne se passe pas un mois sans que nous soyons conviés à adopter des mesures pour protéger notre santé : alimentation, activité physique, alcool, bronzage, tabac... les mesures de prévention pleuvent autour de nous. Petit tour d'horizon des grands concepts qui sous-tendent ces campagnes de santé publique.
Date : 30-07-2009


Qu'appelle-t-on prévention ?

Dans le domaine de la santé, on entend par prévention un ensemble de mesures (ou de comportements) qu'il est préférable d'adopter pour éviter qu'une maladie survienne, ou pour éviter que de mauvaises habitudes finissent par favoriser l'apparition d'une ou plusieurs maladies. Par exemple, ne pas fumer, manger de manière équilibrée et pratiquer une activité physique pour prévenir les maladies cardiovasculaires. Autre exemple, équiper sa voiture d'un siège-enfant adapté pour éviter les traumatismes graves lors d'un accident de la circulation. Ou encore, éviter de consommer des boissons alcoolisées lorsque l'on doit prendre le volant.

Certaines de ces mesures de prévention-santé sont ponctuelles (ne pas boire avant de conduire), d'autres sont plus continues (pratiquer une activité physique). Certaines sont à l'échelle de l'individu (arrêter de fumer), d'autres à l'échelle de la population (vacciner tous les enfants).

Les différents types de prévention-santé

Dans le domaine de la santé, on distingue plusieurs types de prévention selon s'il s'agit de prévenir l'apparition d'une maladie, de réduire sa durée ou d'empêcher son aggravation lorsqu'elle est déclarée.

La prévention primaire

La prévention primaire vise diminuer le nombre de nouveaux cas d'une maladie. C'est la forme de prévention-santé la plus courante. Par exemple, la vaccination systématique des enfants contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite vise à faire disparaître ces infections.

La prévention secondaire

La prévention secondaire consiste à réduire la durée d'évolution d'une maladie déjà déclarée en la dépistant le plus tôt possible. Ainsi, on augmente les chances de guérison. C'est le cas, par exemple, des mesures de dépistage des cancers (du sein, du côlon, du col de l'utérus, etc.). En identifiant les nouveaux cas de cancer avant que les symptômes n'apparaissent, on peut les traiter plus rapidement et augmenter de manière significative les chances de survie.

La prévention tertiaire

La prévention tertiaire vise à prévenir les complications d'une maladie déclarée et les conséquences de son aggravation. Par exemple, apprendre à équilibrer un traitement par insuline permet de prévenir les conséquences à long terme du diabète : perte de la vision, insuffisance rénale, amputation, etc. Autre exemple, traiter l'excès de cholestérol vise à prévenir les maladies cardiovasculaires, plus fréquentes chez les personnes qui ont trop de cholestérol pendant des années.

Quels sont les éléments essentiels de la prévention-santé ?

Lorsqu'on parle de prévention-santé, on pense essentiellement aux comportements vertueux que les campagnes de santé publique tentent de nous inculquer : arrêt du tabac, alimentation équilibrée, port de la ceinture de sécurité, etc. Mais la prévention-santé est bien plus que cela.

L'hygiène du corps et l'hygiène ménagère

Dans nos sociétés industrialisées, on a trop vite oublié que la base de la prévention-santé, c'est l'hygiène. Hygiène du corps (se laver tous les jours, se laver les mains plusieurs fois par jour, se brosser les dents deux fois par jour, etc.) et hygiène ménagère (lavage des fruits et des légumes, élimination des aliments avariés, stockage et élimination des ordures, lavage régulier de l'habitat, etc.). Dans les pays en voie de développement, l'absence de traitement des ordures ménagères et des eaux usées est toujours responsable de nombreuses maladies graves.

Les vaccinations

En termes de prévention-santé, les vaccinations forment un pilier fondamental. Grâce aux campagnes de vaccination, plusieurs maladies graves ont quasiment disparu (par exemple la variole). Aujourd'hui, dans le confort de nos sociétés industrialisées, nous oublions les fléaux que furent la poliomyélite, le tétanos ou la rougeole. Les comportements se relâchent et certaines personnes remettent en cause l'utilité des vaccinations. À la réflexion, cette attitude reflète la grande efficacité de la vaccination : c'est parce qu'elle a réussi à éloigner ces dangers que nous pouvons nous offrir le luxe de la remettre en doute. Si nous cessions la vaccination systématique des enfants, nous verrions reparaître ces maladies pour lesquelles il n'existe toujours pas de traitement.

Les dépistages

Les dépistages sont également un élément fondamental de la prévention-santé. En permettant un traitement précoce, ils changent considérablement le pronostic des maladies qu'ils détectent. Quelques exemples : le dépistage systématique du cancer du col de l'utérus (ou celui du côlon) a fait considérablement diminuer le nombre de décès dus à ces maladies. De la même manière, le dépistage de la séropositivité au VIH/sida permet de mettre en place un traitement avant que les défenses immunitaires ne soient définitivement endommagées par ce virus.

La prophylaxie

La prophylaxie est l'ensemble des mesures qui permettent d'éviter de contracter une maladie. Par exemple, l'usage systématique du préservatif pour éviter les infections sexuellement transmissibles, ou la prise d'un médicament pour éviter de contracter le paludisme (malaria) lors d'un voyage sous les tropiques.

Les mesures hygiéno-diététiques

Les mesures hygiéno-diététiques sont celles qui concernent nos modes de vie et notre alimentation. Dans le domaine des modes de vie, les mesures mises en avant dans les campagnes de santé publique sont très variées : arrêt du tabac, diminution de la consommation de boissons alcoolisées, promotion de l'activité physique, port de la ceinture de sécurité, limitation de la vitesse, sécurisation du domicile, protection solaire, etc. La liste est longue et nous sommes parfois découragés de devoir être aussi vertueux...

Sur le plan de la diététique, les conseils sont également très nombreux : cinq fruits et légumes par jour, peu d'acides gras saturés (graisses animales), une quantité suffisante de féculents, peu de sucreries, etc. Le Programme national nutrition santé (PNNS) y est tout entier consacré.

 

Mesures hygiéno-diététiques : sont-elles vraiment efficaces ?

Parmi les nombreuses mesures hygiéno-diététiques destinées à protéger notre santé, cinq d'entre elles ont fait la preuve de leur efficacité :

  • consommer au moins cinq fruits et légumes par jour (environ 800 g) ;
  • avoir une activité physique régulière (au moins une demi-heure par jour) ;
  • ne pas fumer ;
  • consommer moins de deux verres d'alcool par jour ;
  • éviter les expositions excessives au soleil.

Adopter les quatre premières mesures de la liste ci-dessus augmente l'espérance de vie de 14 ans en moyenne (comparé aux personnes qui n'en respectent aucune). Le cumul de ces quatre facteurs de risque (trop peu de fruits et légumes, absence d'activité physique, usage du tabac et consommation d'alcool en excès) multiplie le risque de décès par 4,4 (par 2,5 lorsqu'on en cumule trois, par 2 lorsqu'on en cumule deux, par 1,4 lorsqu'on présente un seul facteur de risque).

La prévention-santé, un art difficile

Mettre en place une campagne de prévention-santé est un processus long et difficile. En effet, avant de pouvoir affirmer que telle mesure protège la santé, il faut s'assurer d'un certain nombre d'éléments.

Analyser le risque pour la santé

Avant de chercher à lutter contre un risque, il convient de s'assurer que celui-ci met effectivement la santé des personnes en danger et sur une échelle suffisamment importante pour justifier des mesures de prévention coûteuses. Par exemple, même s'il ne fait aucun doute que, chaque année, des personnes sont attaquées par des requins, il ne serait pas très sage de décider d'une campagne d'élimination de ces poissons... Quelques mesures ponctuelles peuvent être envisagées sur les plages à risque, mais il serait déraisonnable de dire que les requins font planer un risque sur la santé humaine.

Prouver les liens de cause à effet

Dans le domaine de la santé, les liens de cause à effet sont parfois très difficiles à démontrer. S'il est relativement facile de prouver que le virus de la poliomyélite est à l'origine de cette maladie, confirmer le lien entre cigarette et cancer du poumon a demandé beaucoup plus de temps. De la même manière, identifier les effets néfastes de l'absence d'exercice physique a exigé de nombreuses et longues études.

Mesurer l'efficacité des mesures de prévention

Une fois identifiées les causes de certains problèmes de santé, il est possible d'imaginer des mesures de prévention. Mais avant de les recommander, il est indispensable de s'assurer de leur efficacité de manière objective. De nouveau, ce processus peut être long et complexe : des essais cliniques pour les vaccins, des études d'observation pour des mesures plus difficiles à mettre en oeuvre, etc.

Mesurer le coût des mesures de prévention

Lorsque l'efficacité des mesures de prévention a été confirmée, il convient d'évaluer le coût de leur mise en oeuvre à grande échelle. Ce coût est alors comparé aux coûts engendrés par la maladie : coûts des soins, coûts de l'absentéisme au travail, années d'activité professionnelle perdues pour la société, etc. Cet aspect de la prévention-santé peut paraître assez cynique (après tout, toute maladie est source de souffrance et devrait être prévenue), mais les ressources publiques sont limitées et les fonds consacrés à la prévention doivent prendre en compte le retour sur investissement attendu. De cette manière, la société pourra plus tard dégager davantage de fonds consacrés à la prévention.

Mettre en oeuvre les conseils de prévention

Une fois les conseils de prévention diffusés à grande échelle, le plus dur reste à faire : convaincre les citoyens d'adopter les recommandations qui leur sont données. Cet aspect de la prévention est difficile et repose sur de très nombreux facteurs, tant au niveau de la société (traditions, habitudes, etc.) qu'au niveau de l'individu (perception personnelle du danger, valeurs associées au comportement à risque, etc.). Plusieurs courants existent quant à la meilleure manière de nous convaincre de changer nos comportements : par exemple, mise en avant des conséquences néfastes (images d'accidentés de la route, messages menaçants sur les paquets de cigarette, etc.) ou mise en avant des bénéfices (silhouette longiligne, peau moins ridée, etc.). De nombreux psychologues et sociologues travaillent à comprendre comment mieux faire passer les messages de prévention-santé.

Changer nos comportements

Une fois convaincus du bien-fondé des recommandations diffusées par les autorités de santé, il nous reste à parvenir à les mettre en pratique au quotidien. Et cela n'est jamais facile. Que ce soit dans le but d'arrêter de fumer ou de pratiquer une activité physique, il nous faut remettre en cause nos habitudes, nos plaisirs et trouver des trésors de motivation.