Prise en compte du vote...
(19 votes)

Prendre l'avion sans souci

L'avion reste le moyen de transport le plus sûr et le plus rapide pour voyager, même s'il expose à certains problèmes de santé (otite barotraumatique, thrombophlébite, par exemple). Parfois, les voyages en avion font l'objet de contre-indications médicales, de manière temporaire ou permanente.
Date : 30-07-2009


  

L'avion en pratique

Les bagages

Contactez votre compagnie aérienne avant de partir pour connaître le nombre et le poids maximal des bagages que vous pouvez emporter, ainsi que les marchandises interdites à bord. Récemment, par exemple, les autorités ont décidé de limiter le transport de liquides et de gels dans les bagages de cabine afin d'éviter les risques liés aux explosifs liquides. Tout objet pouvant être utilisé comme une arme (coupant ou contondant), qu'il soit métallique ou non, est interdit en cabine. Renseignez-vous avant de partir.

Un seul bagage à main par passager est admis gratuitement en cabine. Il ne doit pas dépasser 55 cm de long, 35 cm de large et 25 cm de profondeur, roues et poignées comprises.

Conservez dans votre bagage à main vos objets précieux ou fragiles : clés, téléphone portable (éteint), papiers d´identité, argent, bijoux, appareil photo, etc. Si vous suivez un traitement, n'oubliez pas vos médicaments et votre matériel (seringues, lecteur de glycémie, etc.), ainsi que vos ordonnances (rédigées en dénominations communes internationales, DCI) et vos certificats médicaux.

En plus de votre bagage à main, vous pouvez emporter certains objets en cabine, comme un sac à main, un manteau, un parapluie, des articles (de petite taille) achetés dans la zone duty free, un ordinateur portable, un siège enfant/bébé, etc.

Le contrôle et l'embarquement

Avant de monter à bord de l'avion, vous devrez subir certains contrôles de sécurité et passer dans des dispositifs détecteurs de métaux. Si vous transportez un matériel normalement interdit à bord, par exemple des seringues, vous devrez fournir un certificat médical signé de votre médecin expliquant sa présence pour votre traitement.

Si vous portez un pacemaker ou une prothèse auditive, vous pourrez passer à côté du portique détecteur de métaux (pour ne pas risquer un dérèglement de votre appareil) en présentant une carte ou un certificat médical. L'agent de sécurité vous contrôlera avec un dispositif portable. Les stérilets et les prothèses osseuses ou articulaires ne posent pas de problème avec les portiques.

Le tabac

Pour des raisons évidentes de sécurité, la cigarette est interdite à bord des avions, mais également dans l'immense majorité des aéroports où des salles sont réservées aux fumeurs. Lors des vols transcontinentaux, les adeptes de la nicotine ont souvent des difficultés à supporter les longues heures sans cigarette. Pour y parvenir, il est possible d'avoir recours à des substituts nicotiniques (patchs, gommes, etc.). Certaines compagnies aériennes en proposent à leurs passagers fumeurs. Demandez conseil à votre médecin.

Les secours à bord

Chaque avion est équipé d'une trousse médicale et d'un défibrillateur semi-automatique (appareil destiné à relancer le coeur en cas d'arrêt cardiaque). Tous les membres d'équipage sont formés régulièrement aux premiers secours et à l'usage de ce matériel. En cas de problème grave, ils peuvent faire appel à un médecin qui se trouverait à bord ou contacter les équipes médicales au sol pour se faire conseiller à distance. À l'arrivée à l'aéroport, les services d'urgence médicale sont là pour prendre le relais. Il est exceptionnel qu'un avion atterrisse en urgence pour un problème médical.

La liste noire des compagnies aériennes

Les autorités responsables de l'aviation civile des États membres de la Communauté européenne ont publié une liste de compagnies aériennes qui ne sont pas autorisées à se poser sur les aéroports de l'Union européenne du fait de leurs lacunes en matière de sécurité. Cette liste est consultable en ligne sur Haut de la page

Quelques cas particuliers

Les bébés et les jeunes enfants

Les voyages en avion avec de jeunes enfants exigent certaines précautions. Un enfant de moins de deux ans peut voyager sur les genoux de ses parents. Pensez à préciser l'âge de l'enfant lors de la réservation, vous disposerez d'un siège avec plus d'espace pour les jambes. N'oubliez pas d'emporter de quoi le restaurer (biberon de lait, plats préparés, petits gâteaux, etc.) et l'occuper (jouets, livres, crayons, papier, etc.), ainsi que des vêtements pour le couvrir s'il fait froid à bord.

Les femmes enceintes

Les longs voyages en avion sont déconseillés en fin de grossesse. De plus, la plupart des compagnies aériennes refusent l'accès à bord aux femmes qui sont dans leur dernier mois de grossesse, voire avant. Renseignez-vous au moment de la réservation.

Décalage horaire et prise de médicaments

Si vous suivez un traitement et que votre voyage traverse plus de trois fuseaux horaires, discutez avec votre médecin d'une éventuelle adaptation de vos heures de prise de médicament. Les règles d'adaptation des heures de prise varient selon le type de médicament et la maladie traitée.

Les contre-indications des voyages aériens

Du fait de la moindre quantité d'oxygène dans l'air pressurisé des cabines et des difficultés de prise en charge des urgences médicales en vol, les voyages en avion sont contre-indiqués pour les personnes suivantes :

- nourrissons de moins de sept jours ;

- femmes enceintes dans les quatre dernières semaines de la grossesse (huit semaines en cas de grossesse multiple) ;

- femmes ayant accouché moins de sept jours auparavant ;

- personnes souffrant de certaines maladies cardiaques ou cardiovasculaires ;

- personnes souffrant de troubles respiratoires importants (insuffisance respiratoire, pneumothorax, par exemple) ; dans certaines conditions et en ayant prévenu à l'avance, il est cependant possible de voyager avec une bouteille d'oxygène adaptée.

- personnes ayant subi récemment certaines opérations chirurgicales (demandez l'avis de votre chirurgien) ;

- personnes ayant souffert récemment de troubles psychiatriques ;

- personnes ayant pratiqué la plongée sous-marine dans les douze heures précédant le décollage ou ayant été victime d'un accident de décompression.

Les personnes souffrant de sinusite ou de rhinopharyngite aiguë doivent retarder, si possible, leur voyage en avion jusqu'à la guérison, afin d'éviter les maux d'oreille et les otites barotraumatiques.

Les problèmes de santé des voyages aériens

La peur et la phobie de l'avion

La peur de l'avion est assez fréquente parmi les voyageurs, en particulier au moment du décollage, de l'atterrissage ou d'éventuelles turbulences. Dans la plupart des cas, elle reste maîtrisable. Néanmoins, chez certains voyageurs, cette peur devient une véritable phobie (une des nombreuses formes d'anxiété) et empêche tout voyage en avion.

Lorsque la peur de l'avion reste maîtrisable, des moyens existent pour mieux la contrôler. La première chose à faire est de rester calme et de garder à l'esprit que l'avion demeure le mode de transport le plus sûr. Évitez les excitants (café, thé, etc.) et emportez de quoi vous distraire durant le vol (magazines, baladeur, etc.). La prise d'alcool avant le vol, bien que populaire, n'est pas conseillée car elle peut contribuer à l'apparition de thrombophlébite. Si vous sentez l'inquiétude monter, respirez de façon ample et profonde pendant quelques instants.

Si prendre l'avion vous est vraiment difficile, demandez conseil à votre médecin. Il pourra éventuellement vous prescrire un sédatif ou un anxiolytique léger. S'il vous est impossible de mettre le pied dans un avion, les techniques de psychothérapie comportementale et cognitive ont montré une efficacité certaine sur ce type de phobie. Demandez conseil à votre médecin. Certaines compagnies aériennes organisent des stages pour apprendre à contrôler sa peur de l'avion.

Le mal de l'air

Comparable au mal de mer ou, plus généralement, au mal des transports, le mal de l'air se manifeste par des nausées accompagnées de pâleur, de sueurs, de vertiges, de maux de tête et de vomissements. Ce malaise généralisé est provoqué par les mouvements de l'avion (trous d'air, turbulences, atterrissage, accélérations, décélérations), qui déstabilisent l'oreille interne (organe de l'équilibre).

Pour atténuer ces symptômes, essayez d'obtenir une place au milieu de l'avion, là où les mouvements sont moins perceptibles. Allongez votre siège autant que possible et restez allongé sans bouger, la tête penchée en arrière. Évitez les repas trop copieux et l'alcool. Votre médecin pourra également vous prescrire un traitement préventif contre le mal des transports.

Le mal de l'altitude

En avion, la montée brutale en altitude peut provoquer un malaise, similaire au mal aigu des montagnes. L'atmosphère moins riche en oxygène peut déclencher des maux de tête, des vertiges ou des nausées. Ces signes apparaissent quelques heures après l'atterrissage et peuvent persister plusieurs jours. Ils disparaissent généralement d'eux-mêmes avec le repos. Si vous êtes prédisposé au mal de l'altitude, parlez-en à votre médecin qui pourra éventuellement vous proposer un traitement préventif.

Le froid et la déshydratation

Du fait de la climatisation à bord des avions, l'air ambiant est souvent frais et sec. Pour ne pas être surpris par la fraîcheur (en particulier la nuit), emportez toujours avec vous un pull ou une veste. N'hésitez pas à demander une couverture à l'équipage de bord.

La sécheresse de l'atmosphère peut provoquer un dessèchement de la peau et des muqueuses (du nez, de la bouche et des yeux) ainsi qu'une déshydratation susceptible d'augmenter le risque de thrombophlébite. Buvez tout le long du trajet, au moins une fois par heure. N'hésitez pas à solliciter le personnel de bord pour avoir une boisson. Évitez l'alcool qui favorise la déshydratation. Vous pouvez vaporiser de l'eau minérale et appliquer régulièrement une crème hydratante sur votre visage ; humidifiez également vos narines avec du sérum physiologique. Si vous êtes sensible des yeux, quelques gouttes de collyre ou de larmes artificielles calmeront les irritations et les gênes oculaires. Les porteurs de lentilles ont intérêt à les enlever pendant toute la durée du vol.

Les ballonnements et les gaz intestinaux

Au cours du vol, les variations de pression entraînent des variations de volume des gaz contenus dans l'estomac et l'intestin. Pendant l'ascension jusqu'à l'altitude de croisière, la pression diminue, le volume des gaz augmente et vous pouvez souffrir de ballonnements et de gaz désagréables voire douloureux. Il est préférable d'éviter les aliments producteurs de gaz (légumes secs, lait, choux, etc.) avant le départ, ainsi que les boissons gazeuses (y compris le champagne...), les chewing-gums et les bonbons qui favorisent l'ingestion d'air (aérophagie).

L'otite barotraumatique

Lors d'un trajet en avion, les variations de pression peuvent provoquer des douleurs dans les sinus et les oreilles. Lors de l'ascension de l'appareil, la pression diminue dans la cabine ; l'air contenu dans les sinus et dans l'oreille moyenne (située derrière le tympan) se dilate. Il passe par les trompes d'Eustache et sort par le nez et la bouche. Lors de la descente de l'avion, la pression augmente dans la cabine ; l'air doit pénétrer par les trompes pour compenser la diminution de volume de l'air dans l'oreille moyenne. Si ce n'est pas le cas, la personne ressent des bourdonnements ou des sifflements, une sensation d'oreille pleine, parfois des douleurs et une baisse de l'audition. Ce phénomène peut être particulièrement douloureux chez les nourrissons.

Quelques mesures de prévention s'imposent, surtout pendant la descente : forcez-vous à bâiller ou à déglutir, à l'aide d'un chewing-gum ou d'un bonbon par exemple. Si rien y fait, vous pouvez pratiquer la manoeuvre de Valsalva : inspirez profondément, fermez la bouche, puis tentez d'expirer doucement en vous pinçant le nez, jusqu'à ce que l'air en surpression vous débouche les oreilles. Donnez aux bébés un biberon pendant le décollage et l'atterrissage, ou proposez-leur une tétine.

Lors d'un rhume, d'une sinusite ou d'une otite, l'inflammation des trompes d'Eustache bloque la circulation de l'air et les tympans peuvent subir une surpression : c'est l'otite barotraumatique. Le passager ressent une douleur brutale dans l'oreille, comme un coup de poignard, parfois à l'origine d'une perte de connaissance. Si vous souffrez d'un rhume, d'une sinusite ou d'une otite, et que vous devez impérativement prendre l'avion, votre médecin pourra vous prescrire un décongestionnant pour prévenir l'otite barotraumatique.

Les douleurs dentaires

Les variations de pression peuvent également être à l'origine de douleurs dentaires. L'air, emprisonné dans les caries (qui sont des cavités au coeur des dents) ou sous une prothèse, se dilate et comprime le nerf. Une douleur violente se manifeste puis disparaît progressivement à l'arrivée. Si vous n'avez pas vu votre dentiste depuis longtemps, consultez-le avant de partir.

La thrombophlébite

Pendant le voyage, vous devrez parfois rester assis de longues heures, ce qui entrave parfois la circulation sanguine de vos jambes : elles peuvent alors devenir gonflées, lourdes, voire douloureuses. Une thrombophlébite peut apparaître, avec un risque faible de complications. Ce risque existe aussi avec les voyages en autocar ou en train. Quelques mesures simples permettent d'éviter ce type d'accident : boire régulièrement, faire des mouvements de pieds, se lever, marcher toutes les deux heures au moins et porter des bas de contention, prescrits par votre médecin mais également disponibles dans les pharmacies et les magasins duty free des aéroports.

Dans certains cas, les personnes qui présentent des facteurs de risque de phlébite (antécédents, mauvaise circulation veineuse, etc.) peuvent recevoir, avant le vol et sur prescription médicale, un traitement préventif.